9 juin 2026
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Dissolution massive d’ONG et associations au Burkina Faso : une menace pour les droits fondamentaux

La récente décision des autorités du Burkina Faso de dissoudre 118 ONG et associations suscite une vive inquiétude parmi les défenseurs des droits humains. Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel au Bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centrale, alerte sur une violation flagrante de la liberté d’association, un droit pourtant garanti par la Constitution burkinabè et les engagements internationaux du pays.

Cette mesure représente une atteinte directe aux principes démocratiques et aux obligations légales du Burkina Faso. Les organisations de la société civile sont essentielles pour veiller au respect des droits humains et de l’État de droit. Leur dissolution arbitraire ne peut que fragiliser davantage la stabilité politique et sociale du pays.

Ousmane Diallo, chercheur senior sur le Sahel, Amnesty International

Les autorités justifient cette dissolution par des dispositions légales, mais les défenseurs des droits humains y voient une stratégie de répression systématique. Cette décision s’inscrit dans un contexte plus large de restrictions accrues de l’espace civique, marqué par :

  • La suspension prolongée des partis politiques ;
  • L’obligation imposée aux ONG de transférer leurs fonds vers une banque contrôlée par l’État, exposant leurs ressources à des risques de blocage arbitraire ;
  • Un environnement politique dominé par un régime militaire issu de deux coups d’État en 2022, avec une transition prolongée jusqu’en 2029.

Une décision contraire aux engagements internationaux du Burkina Faso

Le Burkina Faso, signataire de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples ainsi que du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, est tenu de garantir la liberté d’association. Pourtant, la dissolution de ces 118 structures semble ignorer délibérément ces obligations.

Les experts rappellent que la société civile joue un rôle clé dans la promotion de la transparence et de la bonne gouvernance. Son affaiblissement expose le pays à des risques accrus de violations des droits humains et de dérive autoritaire.

Appel à l’urgence : rétablir les droits et la liberté d’action

Face à cette situation alarmante, Amnesty International et d’autres organisations appellent les autorités burkinabè à :

  • Annuler immédiatement la dissolution des 118 ONG et associations ;
  • Mettre fin aux mesures répressives visant les militants et les défenseurs des droits humains ;
  • Garantir un cadre légal conforme aux normes internationales en matière de libertés fondamentales.

Le respect des droits humains et de la liberté d’association est un pilier essentiel pour une société stable et démocratique. Le Burkina Faso doit urgemment revenir sur cette décision pour préserver son avenir politique et social.