15 juillet 2026
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La République démocratique du Congo alerte l’ONU sur les risques liés aux minerais stratégiques

Lors d’une réunion de haut niveau organisée à New York par les Nations unies, la République démocratique du Congo a tiré la sonnette d’alarme quant à l’exploitation illicite de ses minerais stratégiques, notamment dans l’est du pays. Cette prise de position, portée par Thérèse Kayikwamba Wagner, ministre d’État en charge des Affaires étrangères, met en lumière les conséquences dévastatrices de l’inaction internationale sur la stabilité régionale.

Des minerais critiques sous contrôle illégal

La ministre a souligné que des bassins miniers majeurs, comme celui de Rubaya, riche en coltan, subissent une exploitation clandestine orchestrée par des groupes armés soutenus par des acteurs étrangers. Selon les données présentées, près de 1 400 tonnes de coltan auraient été introduites illégalement au Rwanda en une année, générant des revenus estimés à 800 000 dollars américains par mois pour ces groupes, au détriment de la souveraineté congolaise.

« Ces chiffre démontrent une violation directe de notre intégrité territoriale et affaiblissent notre autorité étatique », a déclaré la cheffe de la diplomatie congolaise. Elle a également pointé du doigt l’absence de sanctions onusiennes contre les Forces de défense rwandaises, malgré les preuves accablantes fournies par les experts de l’ONU.

Une gouvernance internationale à réinventer

La RDC plaide pour une refonte des mécanismes de gouvernance des ressources naturelles, intégrant systématiquement la prévention des conflits et la consolidation de la paix. « La transition énergétique mondiale ne peut ignorer les réalités des pays producteurs », a-t-elle martelé lors de son intervention. La ministre a insisté sur la nécessité d’établir un lien direct entre l’exploitation minière, la paix et le développement durable.

Vers des partenariats équilibrés et responsables

Thérèse Kayikwamba Wagner a appelé à la création de partenariats internationaux plus équilibrés, favorisant la valorisation locale, le transfert de technologies et l’industrialisation. Elle a rappelé que la responsabilité des acteurs de la chaîne de valeur des minerais ne peut se limiter à l’accès aux matières premières, mais doit s’étendre à l’ensemble du processus, incluant la traçabilité et la lutte contre le financement des conflits.

« La traçabilité doit permettre de lutter contre la fraude et le financement des groupes armés, sans pénaliser les exploitants artisanaux légitimes. Elle doit aussi éviter de créer de nouveaux obstacles aux marchés ou de charger les pays producteurs de l’entière responsabilité de la conformité. »

Un appel à l’action immédiate

Alors que la RDC assure la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU, elle compte promouvoir un cadre cohérent liant ressources naturelles, prévention des conflits et sécurité internationale. La ministre a conclu en rappelant que le succès de la transition énergétique ne se mesurera pas uniquement en termes de production industrielle, mais aussi en fonction de l’amélioration des conditions de vie des populations des pays producteurs.

Cette intervention s’inscrit dans un contexte marqué par des tensions persistantes dans l’est de la RDC, où les groupes armés, soutenus selon Kinshasa par des acteurs régionaux, continuent de contrôler des zones minières stratégiques. Malgré les accords diplomatiques signés, comme celui de Washington entre la RDC et le Rwanda, la situation sur le terrain reste préoccupante, avec des négociations en stagnation et des affrontements récurrents.

La RDC réaffirme ainsi sa détermination à faire de la gouvernance des minerais un levier de paix et de développement, tout en exigeant une réponse concrète et immédiate de la communauté internationale.