9 juin 2026
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La France s’engage à l’ONU pour contrer la criminalisation des LGBT+ après la loi sénégalaise

Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé ce week-end sur X que Paris déposera prochainement une résolution au Conseil des droits de l’homme de l’ONU pour interdire aux États de pénaliser les personnes LGBT+. Cette initiative diplomatique survient deux mois après l’adoption au Sénégal d’une loi radicalisant la répression de l’homosexualité, et alors qu’un ressortissant français est actuellement incarcéré à Dakar en application de ce texte.

« La France restera mobilisée pour faire avancer l’agenda des droits humains, où qu’ils soient menacés », a déclaré le chef de la diplomatie française, évoquant une montée des conservatismes observée ces dix dernières années dans de nombreuses régions du monde.

Une loi sénégalaise qui durcit le ton depuis mars

La nouvelle législation sénégalaise, adoptée à l’unanimité par l’Assemblée nationale le 11 mars 2026 puis promulguée le 30 du même mois, alourdit significativement les sanctions. La peine maximale pour « actes contre nature » passe de cinq à dix ans de prison, tandis que les amendes sont multipliées par dix, atteignant désormais dix millions de francs CFA. Le texte, présenté comme une mesure de souveraineté par le Premier ministre Ousmane Sonko, instaure également un délit de promotion, soutien ou financement de l’homosexualité, de la bisexualité et de la transsexualité.

Avant sa promulgation, le Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme Volker Türk avait vivement critiqué ce projet, le jugeant incompatible avec les engagements internationaux du Sénégal. De son côté, le porte-parole du ministère français des Affaires étrangères Pascal Confavreux avait exprimé le 16 avril la préoccupation de Paris, précisant que Jean-Noël Barrot avait abordé ce sujet avec son homologue sénégalais Cheikh Niang lors d’un entretien au Quai d’Orsay.

Un Français emprisonné à Dakar sous le coup de la nouvelle loi

Un citoyen français est détenu depuis le 14 février au Sénégal pour des faits entrant dans le champ de cette législation répressive. Le consulat français à Dakar a effectué quatre visites de suivi, selon les informations transmises par le ministère des Affaires étrangères, en contact permanent avec sa famille. Le 10 avril, un tribunal dakarois a par ailleurs condamné un jeune Sénégalais né en 2002 à six ans de prison ferme pour des motifs similaires.

D’après les données du Quai d’Orsay, 62 pays dans le monde criminalisent toujours les relations homosexuelles consenties, dont onze appliquent la peine de mort. La date de présentation de la résolution française au Conseil des droits de l’homme de l’ONU à Genève n’a pas encore été divulguée.