9 juin 2026
c30827af-7e48-4a38-a476-9e16890d7208
Au Mali, les combattants du Jnim contrôlent illégalement des sites aurifères pour financer leurs opérations. © JINM

Dans les régions aurifères du Mali, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim) a mis en place un système de prédation méthodique contre les orpailleurs chinois. Cette stratégie, loin d’être anodine, sert de levier financier pour alimenter ses actions armées et ses attaques dans le pays. Une analyse des mécanismes utilisés révèle l’ampleur de cette emprise jihadiste sur les ressources naturelles maliennes.

Une mainmise jihadiste sur les exploitations minières

Les zones aurifères du Mali, notamment dans le nord et l’est du pays, sont devenues des terrains de chasse pour le Jnim. Les groupes d’orpailleurs chinois, souvent dépourvus de protection militaire, sont des cibles privilégiées. Les jihadistes imposent des taxes illégales sous la menace, forçant les entreprises minières à payer pour continuer leurs activités. Ces prélèvements, déguisés en « contributions de sécurité », s’apparentent en réalité à un racket organisé.

  • Protection forcée : Les orpailleurs doivent s’acquitter de sommes importantes pour éviter des représailles ou des attaques contre leurs sites.
  • Destruction des infrastructures : Refuser de payer expose les exploitations à des sabotages ou des destructions ciblées.
  • Pression psychologique : Les jihadistes n’hésitent pas à enlever du personnel ou à menacer les familles pour accélérer les paiements.

Un financement qui alimente l’insécurité au Mali

Les revenus générés par ces extorsions sont directement réinvestis dans l’achat d’armes, le recrutement de combattants et la logistique des attaques. Les régions de Ménaka, Gao et Tombouctou sont particulièrement touchées, où le Jnim a renforcé ses positions grâce à ces fonds illicites. Cette économie de guerre permet au groupe de contourner les sanctions internationales et de maintenir une pression constante sur les forces maliennes et leurs alliés.

Les autorités maliennes, déjà en difficulté face à la montée des groupes armés, peinent à endiguer ce phénomène. Les opérations militaires contre le Jnim se heurtent à la dispersion des sites aurifères et à la complicité locale, parfois contrainte, avec les jihadistes. Les orpailleurs chinois, pris au piège, voient leurs marges fondre tandis que leurs activités deviennent de plus en plus risquées.

Des conséquences économiques et sociales lourdes

L’impact de ces pratiques dépasse le cadre sécuritaire. Les régions minières subissent un effondrement des investissements et une fuite des capitaux étrangers. Les populations locales, déjà fragilisées, voient leurs conditions de vie se dégrader, tandis que les recettes fiscales de l’État malien diminuent. Le Jnim, en contrôlant ces zones, renforce son emprise sociale en redistribuant une partie des richesses extorquées sous forme de services ou d’aide aux communautés.

Face à cette situation, les solutions s’avèrent complexes. Une coordination renforcée entre les forces de sécurité, les entreprises minières et les acteurs locaux est indispensable pour briser ce cercle vicieux. Pourtant, dans un contexte où l’État malien lutte pour sa survie, la lutte contre ce fléau reste un défi de taille.