9 juin 2026
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Interpellation d’un imam influent au Burkina Faso après ses prises de position sur les libertés religieuses

Un imam sunnite de premier plan, Mohamad Ishaq Kindo, a été appréhendé mardi à Ouagadougou par des éléments des forces de l’ordre. Cette arrestation, survenue quelques jours après ses critiques virulentes envers un projet de loi encadrant les libertés religieuses, a déclenché des tensions sociales dans la capitale burkinabè.

Interpellation d'un imam influent à Ouagadougou

Une opération musclée dans un climat tendu

D’après les témoignages de ses proches et de la Fédération des associations islamiques du Burkina, l’imam Mohamad Ishaq Kindo a été interpellé en fin d’après-midi par des forces spéciales encagoulées. L’opération s’est déroulée la veille de l’Aïd, une fête musulmane majeure, ce qui a exacerbé les tensions sur place. Plusieurs fidèles auraient été blessés lors de cette intervention.

À ce jour, la destination de l’imam reste officiellement inconnue, alimentant les spéculations parmi ses partisans et les observateurs de la situation.

Des critiques qui ont fait réagir les autorités

Deux jours avant son interpellation, un enregistrement audio largement diffusé sur les réseaux sociaux montrait l’imam Mohamad Ishaq Kindo s’opposer fermement à un projet de loi adopté en mars dernier. Ce texte vise à réguler l’exercice des libertés religieuses au Burkina Faso. Dans son prêche, il mettait en garde les dirigeants contre toute tentative d’interdire les prières dans les espaces publics, tout en les exhortant à « réfléchir à deux fois avant d’agir ».

Ces déclarations ont visiblement provoqué la réaction des autorités, qui ont choisi de sanctionner publiquement le religieux pour ses propos jugés subversifs.

Réactions et appels au calme après l’arrestation

Quelques heures après l’interpellation, des centaines de personnes se sont rassemblées à Ouagadougou pour exiger la libération immédiate de l’imam. Les forces de l’ordre ont dispersé la manifestation à l’aide de gaz lacrymogènes, selon plusieurs témoins présents sur place.

La Fédération des associations islamiques du Burkina a appelé les fidèles à « rester calmes, mesurés et sereins » face à cette situation, tout en dénonçant une mesure disproportionnée de la part des autorités.