L’armée congolaise interdit formellement l’usage des smartphones en zone de combat sans autorisation
Les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) viennent de durcir leurs consignes concernant l’utilisation des smartphones par leurs soldats en première ligne. Une directive récente interdit désormais toute utilisation non autorisée de ces appareils en zone d’opérations, une mesure justifiée par les risques majeurs qu’elle représente pour la sécurité des troupes et l’efficacité des missions.
Dans un communiqué diffusé hier, le lieutenant-colonel Mak Hazukay, porte-parole par intérim des FARDC, a souligné l’extrême dangerosité d’un simple téléphone allumé ou mal utilisé. Selon lui, un appareil connecté peut instantanément révéler la position d’une unité, faciliter son repérage par les forces adverses et exposer les militaires à des attaques ciblées. Cette interdiction s’applique à l’ensemble des soldats engagés dans les zones de tension, notamment dans l’est du pays, où les combats contre les groupes armés persistent.
Des règles strictes pour éviter les fuites d’informations sensibles
Les nouvelles directives imposent aux militaires de respecter scrupuleusement plusieurs principes fondamentaux :
- Interdiction totale d’utiliser un smartphone sans autorisation préalable en zone opérationnelle ;
- Ne jamais partager sa position, ses déplacements, ses missions ou ses effectifs, que ce soit sur les réseaux sociaux ou via des messageries ;
- Signaler immédiatement toute utilisation suspecte ou toute fuite d’informations susceptible de compromettre une opération ;
- Rester discret et vigilant, un seul appareil mal utilisé pouvant mettre en péril toute une section.
Le commandement rappelle que ces mesures ne sont pas nouvelles, mais leur application doit désormais être renforcée face à la recrudescence des vidéos et messages partagés par certains soldats, révélant des conditions de vie difficiles sur le terrain. Ces publications, bien que compréhensibles, fragilisent la position des FARDC face à des groupes armés comme l’Alliance des forces démocratiques (AFC/M23), active dans les hauts plateaux de Fizi et Mwenga.
Un rappel à l’ordre récurrent face aux menaces persistantes
Cette directive n’est pas une première. Historiquement, les FARDC ont déjà dû rappeler à l’ordre leurs soldats à plusieurs reprises, notamment lorsque les combats se déroulaient près de Goma. Les vidéos et messages publiés en ligne avaient alors suscité de vives réactions, poussant l’armée à durcir ses consignes pour éviter que des informations stratégiques ne tombent entre de mauvaises mains.
Les autorités militaires insistent sur le fait que la discipline et la confidentialité restent des piliers essentiels pour mener à bien les opérations contre les groupes armés. Elles appellent les soldats à faire preuve de professionnalisme et à concentrer leurs efforts sur leur mission principale : la protection de la population et la défense de l’intégrité territoriale.
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