Gabon : l’exploitation minière, nouveau levier pour l’économie nationale
Face à la baisse continue de sa production pétrolière, le Gabon mise désormais sur l’exploitation minière pour dynamiser son économie. Les dernières semaines ont été marquées par une série d’annonces d’investissements majeurs, tandis que les campagnes de prospection s’intensifient dans plusieurs provinces du pays.
Depuis sa nomination au ministère des Mines, Sosthène Nguema Nguema a exposé une feuille de route ambitieuse : pas moins de huit nouvelles mines devraient voir le jour d’ici 2030. Ces projets, principalement axés sur le fer, s’accompagneront également de l’extraction d’or et de potasse. Une stratégie qui vise à diversifier l’économie gabonaise et à réduire sa dépendance aux hydrocarbures.
Les retombées attendues sont multiples : création de milliers d’emplois et augmentation significative de la contribution du secteur minier au PIB national. Actuellement estimée à 6%, cette part pourrait atteindre entre 15% et 20% dans les années à venir, selon les projections du ministre. Un pari audacieux qui nécessite cependant des infrastructures adaptées.
Des infrastructures à moderniser pour soutenir l’essor minier
L’économiste Orphée Mouelé, spécialiste des questions minières, souligne l’importance cruciale des infrastructures pour concrétiser ces ambitions. « Le succès de cette stratégie repose en grande partie sur la capacité du Gabon à développer ses axes routiers, ses voies ferrées, ses ports et ses ponts », explique-t-il. Ces équipements sont indispensables pour faciliter le transport des minerais vers les ports d’exportation.
Un autre défi de taille se profile : l’accès à une énergie stable et suffisante. Les futurs sites miniers nécessiteront une production électrique robuste, essentielle non seulement pour les exploitations elles-mêmes, mais aussi pour les industries connexes qui pourraient émerger autour de ces ressources.
Des retombées sociales sous haute surveillance
Les perspectives ouvertes par le secteur minier sont accueillies avec prudence par la société civile. Éthique et bonne gouvernance, une ONG locale, salue les opportunités économiques tout en insistant sur la nécessité d’une gestion transparente et inclusive des revenus miniers. Sa présidente, Edmiaune Zouga, rappelle que « les bénéfices de cette industrie doivent se répercuter concrètement sur la population gabonaise ».
Pour les Gabonais, l’enjeu est double : transformer cette richesse minérale en développement durable, tout en garantissant une meilleure répartition des richesses produites. Un équilibre que le gouvernement devra trouver pour faire de l’exploitation minière un véritable moteur de croissance partagée.