9 juin 2026
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Après des mois de silence, Dieudonné Minlama Mintogo brise son absence médiatique pour délivrer un message qui promet de faire réagir. Dans un entretien exclusif, l’ancien candidat à la présidentielle de 2016 adresse un avertissement sans équivoque aux nouvelles autorités du Gabon : la menace qui pèse sur la Ve République ne relève ni de l’économie ni des institutions, mais bien de la politique.

Un mandat populaire à ne pas réduire à un projet partisan

Pour Dieudonné Minlama, la légitimité exceptionnelle de Brice Clotaire Oligui Nguema, élue avec plus de 94 % des suffrages en avril 2025, dépasse largement les clivages partidaires. Ce score historique ne reflète pas, selon lui, le triomphe d’un mouvement politique unique, mais bien l’expression d’un espoir national né du 30 août 2023 et renforcé par le retour à l’ordre constitutionnel.

Son message est clair : « Le peuple gabonais a confié un mandat au président, pas à un parti. Le réduire à une entreprise politique constituerait une trahison de cette confiance. »

La Transition menacée par une gouvernance exclusive

L’ancien opposant souligne que la Transition a été portée par une diversité de sensibilités politiques, unis par un même objectif : tourner définitivement la page des divisions du passé. Cette dynamique inclusive, estime-t-il, est aujourd’hui fragilisée par des logiques d’exclusion qui risquent d’affaiblir l’élan de rassemblement à l’origine de la Ve République.

Pour Dieudonné Minlama, le défi des prochaines années réside dans la construction d’une gouvernance ouverte, capable d’intégrer les compétences et les visions de tous les acteurs nationaux, au-delà des affiliations politiques.

Conserver l’héritage du 30 août : un impératif national

Le véritable enjeu, explique-t-il, ne réside pas dans l’exploitation du capital politique issu des urnes, mais dans l’assomption d’une responsabilité historique. Brice Clotaire Oligui Nguema a été élu en tant que candidat d’un rassemblement national, et non comme représentant d’un camp. La réussite ou l’échec de la Ve République dépendra donc de la capacité des autorités à préserver cette dimension inclusive.

Dieudonné Minlama conclut son intervention par un appel à la vigilance : « Les 94 % obtenus ne sont pas une arme politique, mais un contrat moral avec le peuple gabonais. »