Des billets à 115 000 euros : le marché noir des places pour la finale de la Ligue des Champions s’emballe
Les supporters prêts à tout pour vivre la finale de la Ligue des Champions entre l’Arsenal FC et le Paris Saint-Germain doivent désormais débourser des fortunes. À Budapest, où se tiendra la rencontre, les prix des billets explosent sur le marché parallèle. Certains revendeurs n’hésitent plus à proposer des combinaisons inédites, comme vendre le téléphone avec le ticket numérique pour contourner les mesures de sécurité.
Un stade limité, une demande explosive
L’Arsenal, sacré champion d’Angleterre, et le PSG, champion de France et tenant du titre, attirent des milliers de supporters. Pourtant, seules 18 000 places sont allouées à chaque club, le reste étant destiné aux neutres, aux partenaires et aux circuits officiels. Une offre largement insuffisante face à l’engouement. Résultat : un marché noir florissant, où les prix s’envolent.
Sur les plateformes comme Fan Pass ou SeatPick, les tarifs atteignent des sommets : jusqu’à 115 000 euros pour un billet. À titre de comparaison, l’UEFA propose des prix oscillant entre 70 et 950 euros. Sur les groupes WhatsApp, les places commencent à 2000 euros, selon des supporters interrogés.
Faux billets et arnaques en série
Les réseaux sociaux, en particulier la plateforme X, regorgent d’annonces douteuses. « Sur X, il y a énormément d’escrocs. En revanche, sur WhatsApp, les reventes sont mieux organisées, presque comme une société classique », confie un partisan parisien. Martin, un autre supporter, a déjà été victime d’une arnaque. Après avoir contacté un vendeur, il a transféré l’argent sur un IBAN. Une fois le virement effectué, le revendeur a disparu.
Les fausses captures d’écran de billets mobiles circulent aussi. Un simple détail trahit l’escroquerie : le logo de Gemini, l’assistant conversationnel de Google, apparaît souvent sur ces faux documents. Une preuve flagrante de la supercherie.
L’UEFA verrouille sa billetterie, les revendeurs s’adaptent
Pour contrer ces pratiques, l’UEFA a mis en place un système de billets 100 % numériques, uniquement accessibles via l’application UEFA Mobile Tickets. Exit les captures d’écran ou les PDF : le billet est lié au téléphone ayant servi à son téléchargement. « Seul le smartphone utilisé pour télécharger le billet permettra d’accéder au stade », précise l’organisation.
Mais les revendeurs ont trouvé une parade : vendre le téléphone avec le billet. Des annonces proposent désormais des forfaits incluant un smartphone et deux tickets pour 19 500 euros. Une méthode risquée, car elle implique une rencontre avec le vendeur ou l’envoi du téléphone par courrier.
Derrière ces transactions, une question persiste : à qui l’argent est-il destiné ? « On ne sait pas s’il s’agit d’individus ou d’organisations. C’est flippant, d’autant plus qu’on ignore où va cet argent », s’interroge un acheteur.
Un marché noir en pleine mutation
Ce business parallèle, bien que lucratif, reste opaque. Les acheteurs, souvent désemparés, doivent redoubler de vigilance. Entre faux billets, arnaques et méthodes de contournement toujours plus audacieuses, la finale de la Ligue des Champions s’annonce aussi mouvementée dans les coulisses qu’elle le sera sur le terrain.