30 juillet 2026
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Avec plus de 3 000 cas confirmés et près de 1 500 décès, l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo s’étend à un rythme alarmant. Les organisations sanitaires alertent sur la vitesse exponentielle de sa propagation, qui double tous les 20 jours, dépassant largement la capacité de réponse actuelle.

Julien Harneis, coordinateur principal des Nations unies pour la lutte contre Ebola, souligne que « la propagation est bien plus rapide que la riposte ». Face à cette crise sanitaire majeure, les autorités internationales insistent sur la nécessité de maintenir les frontières ouvertes, malgré les craintes des pays voisins.

Des frontières ouvertes, un impératif sanitaire

Plusieurs États avaient initialement restreint ou fermé leurs frontières avec la RDC, comme le Rwanda, qui avait interdit l’entrée aux personnes ayant séjourné en RDC. Début juillet, une réouverture partielle a été opérée, assortie de contrôles sanitaires renforcés : lavage des mains et prise de température.

L’Ouganda avait également temporairement verrouillé ses postes-frontières, tout en autorisant le passage des convois humanitaires et des marchandises essentielles. Le Canada, quant à lui, a suspendu le traitement des demandes de visa pour les ressortissants ayant séjourné récemment en RDC, en plus d’une fermeture sélective de ses frontières.

Pour les Nations unies, ces restrictions sont contre-productives. Elles risquent de détourner les populations vers des axes non contrôlés, compliquant ainsi la surveillance épidémiologique. Les frontières doivent rester accessibles pour :

  • Assurer un acheminement rapide du matériel médical
  • Permettre aux équipes d’intervention de se déployer sans entrave
  • Faciliter la mobilité des soignants en première ligne

Une crise alimentaire aggravée par l’épidémie

L’épidémie d’Ebola s’ajoute à une crise humanitaire déjà profonde. L’Ituri, épicentre de l’épidémie, compte 1,9 million de personnes en insécurité alimentaire aiguë. Le Programme alimentaire mondial (PAM) alerte sur les conséquences dramatiques de cette situation.

Butoto Bigiri Naum, responsable de l’ONG Action pour le développement et le bien-être des communautés (UGEAFI), explique que les restrictions frontalières perturbent les approvisionnements en denrées et en intrants agricoles. Les familles, déjà fragilisées, peinent à se procurer des semences et des outils, aggravant la précarité des ménages.

Plus de 2,65 millions de personnes dans les zones touchées par Ebola sont confrontées à une insécurité alimentaire, dont 628 000 en situation d’urgence. Les femmes et les enfants, en particulier les femmes enceintes, sont les plus vulnérables face à cette pénurie.

La hausse des prix des denrées sur les marchés aggrave la situation, rendant l’accès à une alimentation suffisante encore plus difficile. Par ailleurs, la peur de la contagion pousse certains agriculteurs à abandonner leurs terres, risquant à terme une baisse des récoltes et une aggravation de la famine.

Pour limiter l’impact de cette double crise, le PAM distribue une aide alimentaire ciblée :

  • Aux patients atteints d’Ebola et à leurs proches
  • Aux personnes en contact avec des cas confirmés
  • Aux travailleurs de première ligne et aux ménages vulnérables

Cette assistance vise à faciliter le respect des mesures de confinement tout en soulageant les familles déjà en difficulté. Elle contribue également à réduire les déplacements de population et à créer un environnement propice à une intervention sanitaire efficace.