26 mai 2026
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Ousmane Sonko explique pourquoi il s’est éloigné de Bassirou Diomaye Faye

Ousmane Sonko en pleine déclaration sur sa séparation politique

À peine installé à la présidence de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko a choisi de clarifier les motifs de sa séparation politique avec Bassirou Diomaye Faye. Son intervention, à la fois profonde et engagée, a mis en lumière les enjeux éthiques et philosophiques qui sous-tendent cette rupture.

Une rupture qui dépasse les ambitions personnelles

Quelques jours après avoir quitté Matignon et accédé à la tête de l’institution législative, Ousmane Sonko a livré un discours chargé de sens. Pour lui, la question n’est pas de savoir qui détient le pouvoir, mais surtout comment ce pouvoir est exercé. Dans une analyse où se mêlent philosophie et histoire, il a rejeté l’idée d’une simple opposition entre deux personnalités. Pour Sonko, l’essentiel réside dans la confrontation entre morale et politique, deux domaines qu’il juge indissociables pour la pérennité d’une nation.

S’appuyant sur la pensée d’Aristote, il a rappelé que la politique doit être considérée comme « l’art suprême » lorsqu’elle sert le bien commun. « Aucun pays ne peut prospérer si ses dirigeants abandonnent la quête de vertu et l’intérêt général », a-t-il martelé. Son analyse s’inscrit dans une vision où l’éthique publique devient le socle indispensable à toute gouvernance légitime.

Mamadou Dia, une référence pour illustrer l’exigence morale

En s’appuyant sur l’héritage de Mamadou Dia, figure emblématique de l’histoire sénégalaise, Ousmane Sonko a rappelé les dangers d’une confusion entre les intérêts privés et l’intérêt public. Dès les premières années suivant l’indépendance, ce dernier avait alerté sur les risques d’une dérive où l’État se confondrait avec les ambitions personnelles de ses dirigeants. Pour Sonko, la souveraineté d’un pays ne se limite pas à ses symboles ou à ses institutions : elle doit embrasser une dimension morale, économique et sociale.

« Un État peut arborer un drapeau et une Constitution, mais s’il tolère des pratiques qui sapent les fondements mêmes de la République, il perd toute légitimité », a-t-il affirmé. Cette réflexion s’inscrit dans une critique plus large des défis auxquels font face de nombreux pays africains, où l’érosion de l’éthique publique menace la cohésion nationale.

La fatigue morale, un danger silencieux pour les nations

Ousmane Sonko a également abordé la question des crises politiques sous un angle inédit. Selon lui, une nation ne s’effondre pas uniquement sous le poids de la précarité économique, mais aussi sous celui d’une démoralisation collective. Lorsque les institutions deviennent des outils au service d’intérêts particuliers plutôt que des leviers au profit du peuple, c’est l’essence même de la démocratie qui se trouve érodée.

Sans pointer directement du doigt Bassirou Diomaye Faye, il a laissé entendre que les divergences ayant mené à leur séparation politiques reposaient sur un désaccord fondamental concernant la manière de concevoir le pouvoir. Pour Sonko, la gouvernance doit être guidée par des principes intangibles, au risque de voir la République s’affaiblir de l’intérieur.