crise politique au Sénégal : Sonko affronte Faye après limogeage

Une semaine après avoir été écarté de ses fonctions par le président Bassirou Diomaye Faye, Ousmane Sonko a lancé une offensive politique sans précédent. « Sonko ouvre les hostilités », titre un quotidien sénégalais en une. Dans une déclaration publique, l’ancien Premier ministre et figure du parti Pastef a vivement critiqué le président, tout en réaffirmant sa volonté de ne pas remettre en cause les institutions. Il a notamment souligné que la majorité parlementaire de Pastef lui permettait de défier l’exécutif via une motion de censure. « J’ai alerté le président à plusieurs reprises sur cette situation, mais sans succès », a-t-il déclaré.
Selon un autre média dakarois, Ousmane Sonko n’a pas hésité à qualifier le gouvernement actuel de « technocrates sans légitimité ». Pour lui, la coalition mise en avant par la présidence « ne représente rien » et gouverner sans le soutien de Pastef équivaut à « gouverner sans le peuple ». Il a également dénoncé l’absence d’assise politique du gouvernement actuel, malgré la majorité absolue détenue par son parti à l’Assemblée nationale.
Fragilité de l’exécutif et défis politiques
Cette situation place le camp présidentiel dans une position délicate. Un site spécialisé analyse que « l’exclusion de Pastef du gouvernement crée un défi politique majeur pour Bassirou Diomaye Faye ». Bien que le président conserve ses prérogatives constitutionnelles, la mise en œuvre de son programme dépendra de sa capacité à s’entendre avec les députés de Pastef. Sans leur soutien, l’adoption des réformes annoncées pourrait s’avérer compliquée.
Un autre média pointe du doigt les risques pour la stabilité politique du pays. « Comment un gouvernement de technocrates, sans base parlementaire solide, peut-il gouverner face à un parti majoritaire comme Pastef, qui mobilise des milliers de militants ? » s’interroge-t-il. La réponse à cette question pourrait se jouer dans les prochaines semaines, tant au sein des institutions qu’en dehors.
Un observateur politique estime que le président « a rompu avec l’histoire qui l’a porté au pouvoir ». Il souligne que Bassirou Diomaye Faye gouverne aujourd’hui dans un contexte où son pouvoir, bien que légitime sur le plan constitutionnel, manque de fondement politique et historique.
Une rupture inédite au sein de la majorité
Un média malien souligne que la crise actuelle au Sénégal n’a pas de précédent. « Ce n’est pas une cohabitation classique, mais une rupture au sein même du mouvement Pastef », explique-t-il. Avec 130 députés sur 165, Pastef détient la majorité absolue à l’Assemblée, mais refuse de participer au gouvernement. Cette configuration inédite expose le président à des tensions internes et à des risques de blocage institutionnel.
« La question de la gouvernance se posera dans les rues, les institutions et les couloirs du Palais », prédit le même média. La capacité de l’exécutif à faire adopter ses projets de loi dépendra largement de sa relation avec le parti de Ousmane Sonko, qui reste la première force politique issue des urnes.