26 mai 2026
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crise politique au Sénégal : Sonko écarté, le président Faye réagit

Ali Bamba
Photo officielle du président Bassirou Diomaye Faye et du Premier ministre Ousmane Sonko lors d'un sommet régional

Le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin, par décret, aux fonctions du Premier ministre Ousmane Sonko et dissous l’ensemble du gouvernement sénégalais, dans un contexte de tensions politiques persistantes.

L’annonce a été diffusée en direct à la télévision d’État, où le conseiller présidentiel Oumar Samba Ba a confirmé la décision du chef de l’État. « Le président Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko en tant que Premier ministre, ainsi qu’à celles de tous les ministres et secrétaires d’État », a-t-il déclaré.

Cette crise survient alors que le Sénégal traverse une période économique difficile, marquée par un endettement élevé et des défis structurels majeurs. Le limogeage de Sonko intervient après des mois de tensions croissantes entre le président et son ancien mentor politique.

L’histoire politique récente du pays a été marquée par la disqualification de Sonko à la course présidentielle de 2024, en raison d’une condamnation judiciaire pour diffamation. Cette exclusion avait ouvert la voie à la victoire de Bassirou Diomaye Faye, dont la campagne avait bénéficié du soutien actif de Sonko et de son parti, le Pastef.

Malgré cette alliance passée, les relations entre les deux hommes se sont dégradées, notamment en raison de divergences stratégiques et de désaccords sur la gouvernance du pays.

Le Pastef, parti de Sonko, avait remporté le premier tour des élections législatives de mars 2024 en promettant une refonte profonde du système politique. Le mouvement dénonçait alors la corruption et la mauvaise gestion des affaires publiques, tout en affichant une ligne ferme contre l’influence de l’ancienne puissance coloniale.

Sonko, figure charismatique et porte-parole d’une jeunesse sénégalaise en quête de changement, avait su mobiliser des foules importantes avant son exclusion de la présidentielle. Son influence reste forte, mais le président Faye, désormais seul détenteur du pouvoir exécutif, a confirmé sa prérogative de limoger son chef de gouvernement par décret.

Lors d’une allocution récente devant les militants de son parti, Sonko avait vivement critiqué le manque de fermeté du président Faye face à ses détracteurs, qualifiant sa gestion de « manquant cruellement de leadership ». Ces déclarations avaient encore envenimé les relations entre les deux hommes, accélérant la crise actuelle.