9 juin 2026
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Le Bénin s’ajoute à la liste des pays africains où des tentatives de prise de pouvoir par des militaires ont été observées depuis 2020. Une intervention militaire a été signalée dimanche, avant que les autorités ne confirment son échec après plusieurs heures de tension.

Sur les écrans de la télévision d’État béninoise, un groupe de soldats est apparu pour annoncer la destitution du président Patrice Talon et la dissolution du gouvernement. Cette tentative de coup d’État a été rapidement neutralisée, selon les déclarations du ministre de l’Intérieur, Alassane Seidou, qui a précisé que les militaires avaient agi dans l’objectif de « déstabiliser les institutions républicaines ». L’armée a réaffirmé son engagement envers la stabilité du pays.

Cette situation s’inscrit dans un contexte plus large marqué par des crises politiques, des élections contestées et une instabilité sécuritaire dans plusieurs régions du continent. Voici une chronologie des coups d’État en Afrique depuis 2020, illustrant les bouleversements institutionnels et les tensions persistantes.

Mali : deux coups d’État en moins d’un an

Le Mali a été le théâtre de deux coups d’État majeurs en août 2020 et mai 2021. En 2020, des soldats se sont mutinés pour exiger la démission du président Ibrahim Keïta, critiqué pour sa gestion de la sécurité et des affaires publiques. Le colonel Assimi Goïta a pris les rênes du pouvoir, concluant un accord avec Bah Ndaw, un civil nommé président de transition. Cependant, en 2021, Goïta a renversé Ndaw, s’installant à la tête de l’État et reportant les élections à 2027.

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger forment désormais un bloc politique distinct après leur retrait de la CEDEAO, rejetant toute pression en faveur d’un retour à la démocratie.

Tchad : succession familiale et pouvoir prolongé

Au Tchad, le général Mahamat Idriss Déby a pris le pouvoir en avril 2021 à la suite du décès de son père, Idriss Déby, qui dirigeait le pays depuis trois décennies. Malgré la promesse d’élections, Déby a été déclaré vainqueur en 2024 dans un scrutin jugé truqué par l’opposition. La répression des opposants s’est intensifiée, avec des condamnations comme celle de l’ancien Premier ministre Succès Masra, écroué pour 20 ans.

Guinée : fin d’un règne controversé

En Guinée, le président Alpha Condé, au pouvoir pendant 11 ans, a été renversé en septembre 2021 par un groupe de soldats mené par Mamady Doumbouya. Condé avait modifié la Constitution pour briguer un troisième mandat. Doumbouya, désormais candidat aux élections, a vu ses prérogatives militaires s’effacer après un référendum prolongeant la durée des mandats présidentiels.

Soudan : guerre civile et rivalités militaires

Au Soudan, le général Abdel-Fattah Burhan a orchestré un coup d’État en octobre 2021, renversant Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 26 ans. Burhan a partagé le pouvoir avec Muhammad Dangalo, chef des Forces de soutien rapide (FSR). Leur conflit latent a dégénéré en une guerre civile dévastatrice en avril 2023, toujours en cours selon l’ONU.

Burkina Faso : instabilité chronique

Le Burkina Faso a subi deux coups d’État en 2022. Le lieutenant-colonel Paul-Henri Damiba a renversé le président Roch Kaboré en janvier, avant d’être lui-même renversé en septembre par le capitaine Ibrahim Traoré, en raison de l’aggravation de la crise sécuritaire. Traoré a récemment dissous la commission électorale indépendante.

Niger : tournant démocratique et crise régionale

En juillet 2023, le général Abdourahamane Tchiani a renversé le président Mohamed Bazoum, mettant fin à une transition démocratique rare au Niger. Cette prise de pouvoir a provoqué une crise majeure au sein de la CEDEAO, qui a menacé d’intervenir militairement. Le Niger, le Burkina Faso et le Mali ont formé l’Alliance des États du Sahel en réponse.

Gabon : chute d’une dynastie politique

Au Gabon, un groupe de soldats a annoncé en août 2023 la destitution du président Ali Bongo, au pouvoir depuis 14 ans et candidat à un troisième mandat. Les militaires ont annulé l’élection et dissous les institutions. Brice Oligui Nguema, un proche de la famille Bongo, a pris les commandes du pays et a remporté l’élection présidentielle d’avril 2024.

Madagascar : crise sociale et intervention militaire

À Madagascar, des manifestations massives ont éclaté en octobre 2025 en raison de pénuries d’eau et d’électricité, poussant des jeunes à exiger la démission du président Andry Rajoelina. Face à cette pression, Rajoelina a dissous son gouvernement, mais une prise de pouvoir militaire a finalement eu lieu dans ce pays de l’océan Indien.

Guinée-Bissau : élection controversée et coup d’État

En Guinée-Bissau, des soldats ont pris le pouvoir le 26 novembre 2025 après une élection présidentielle contestée trois jours plus tôt. Le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, et son opposant, Fernando Dias, revendiquent tous deux la victoire. Embaló a fui vers le Sénégal, tandis que la junte militaire a nommé de nouveaux responsables, majoritairement alliés à l’ancien président.