9 juin 2026
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Le secteur ivoirien du cacao, premier producteur mondial de la fève, traverse une phase délicate. Malgré une campagne d’exportation prometteuse avec près d’1 million de tonnes déjà vendues pour la récolte 2026-27, les professionnels redoutent un ralentissement lié au phénomène climatique El Niño, attendu dès juillet. Cette menace plane sur les récoltes futures, notamment en Côte d’Ivoire, au Ghana, au Cameroun et au Nigeria, où une sécheresse pourrait fragiliser la production.

Des ventes en hausse, mais une prudence de mise

Les chiffres affichent une dynamique positive : entre 950 000 et 1 million de tonnes de contrats ont déjà été signés pour la prochaine saison, qui débutera le 1er septembre. Pourtant, les acteurs du marché adoptent une posture mesurée. « Nous avons préféré freiner le rythme des ventes pour anticiper les incertitudes », confie un responsable du Conseil du Café et du Cacao (CCC), basé à Abidjan. Cette stratégie reflète une volonté de préserver les stocks face à un contexte volatile.

Pour stimuler les transactions, le CCC a augmenté sa prime sur les ventes supplémentaires, passant de zéro à 135 dollars par tonne au-dessus du prix à terme. Une mesure justifiée par la tension actuelle sur le marché, où la demande reste soutenue. « Le marché offre des marges confortables. Le CCC n’a pas besoin de réduire sa prime pour attirer les acheteurs », explique un négociant en cacao.

El Niño et la crise des intrants : les vrais dangers pour 2027

Si El Niño représente une menace climatique bien réelle, les exportateurs pointent du doigt un problème plus immédiat : la pénurie d’engrais et de produits phytosanitaires. Avec des plantations vieillissantes et des maladies affectant les cacaoyers ivoiriens, la productivité est en jeu. « El Niño n’est pas notre principale préoccupation. Notre priorité est de sécuriser les intrants pour éviter une chute de la production », déclare le dirigeant d’une entreprise exportatrice d’Abidjan.

Ces défis soulignent la nécessité d’investir dans la modernisation des exploitations et dans l’accès aux ressources essentielles. La filière cacao ivoirienne, bien que résiliente, doit désormais composer avec un double risque : climatique et structurel.