24 septembre 2026
a4b26179-4b2e-4c22-9816-3a1025c3870c

Une amende de 20 000 francs CFA pour un téléphone collé à l’oreille, 5 000 francs CFA pour un casque oublié, 10 000 francs CFA pour une surcharge… Derrière la grille tarifaire qui tombe sur les usagers de la route béninois, une mécanique répressive minutieusement huilée se met en place depuis le dimanche 20 septembre 2026. La Police républicaine a déclenché une vaste offensive contre les infractions au Code de la route, et les premiers chiffres donnent la mesure de l’opération : plus de cent conducteurs de deux-roues et une dizaine d’automobilistes interpellés et sanctionnés en seulement deux journées.

L’analyse des premiers relevés montre une montée en puissance spectaculaire. Ce mardi 22 septembre 2026, dans la métropole économique, la pression a atteint son paroxysme. Dans la seule zone de Fidjrossè, plus d’une quarantaine de motocyclistes ont été interceptés en l’espace d’une heure à peine. Sur le boulevard de la Marina, les automobilistes ont été nombreux à tomber dans les mailles du filet. Une intensité qui interroge sur les ressorts profonds de cette campagne.

Une grille tarifaire qui ne laisse aucune place à l’improvisation

Le décryptage des sanctions appliquées révèle une architecture répressive sans zones d’ombre. Chaque infraction correspond à un montant précis, comme si les autorités avaient verrouillé à l’avance le moindre interstice d’interprétation. L’usage du téléphone au volant ou au guidon est taxé à 20 000 francs CFA. La surcharge des véhicules coûte 10 000 francs CFA. La circulation en sens interdit est facturée 6 000 francs CFA. Quant au défaut de port du casque protecteur, il est verbalisé à hauteur de 5 000 francs CFA.

Cette grille, appliquée avec rigueur, traduit une volonté de frapper les esprits autant que les portefeuilles. Mais elle met aussi en lumière une réalité plus profonde : celle d’un pays où les comportements à risque se sont installés dans le quotidien des usagers, au point de nécessiter une réponse d’une telle ampleur.

Les feux de signalisation sous haute surveillance

Les patrouilles ne se contentent pas de cibler les infractions les plus visibles. Le respect des feux de signalisation fait l’objet d’une vigilance rigoureuse. Toute violation d’un feu rouge expose désormais son auteur aux sanctions réglementaires prévues par les textes. Un signal clair adressé à ceux qui pensaient pouvoir contourner les règles les plus élémentaires de la circulation.

Une opération qui dépasse les frontières de Cotonou

Loin de se cantonner à la capitale économique, le tour de vis sécuritaire couvre l’ensemble des pôles urbains du Bénin. Des détachements policiers sont activement déployés sur les carrefours et les artères des communes d’Abomey-Calavi, Porto-Novo, Sèmè-Podji, Ouidah, Bohicon et Parakou.

Cette coordination à l’échelle nationale révèle une stratégie globale, pensée pour ne laisser aucun refuge aux contrevenants. L’objectif affiché par le commandement policier reste l’éradication des comportements à risque, la préservation des vies humaines et la restauration d’une discipline collective durable sur le réseau routier national.

Les dessous d’une offensive qui pourrait redessiner les routes béninoises

Au-delà des chiffres et des sanctions, cette campagne met en évidence une réalité profonde : celle d’un pays qui cherche à reprendre le contrôle de ses routes. Les interpellations en série, la présence visible des forces de l’ordre aux points stratégiques, la rapidité des verbalisations… Tout converge vers une même logique : créer un effet de dissuasion durable.

Reste à savoir si cette pression intense suffira à transformer en profondeur les habitudes des usagers béninois. L’histoire des politiques routières montre que la répression seule ne suffit pas toujours. Mais à en juger par l’ampleur du dispositif déployé et la détermination affichée par les autorités, cette offensive pourrait bien marquer un tournant dans la gestion de la sécurité routière au Bénin.

Une chose est certaine : pour les automobilistes et motocyclistes béninois, l’époque de l’impunité semble bel et bien révolue.