9 juin 2026
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Le leader de l’opposition camerounaise dénonce une manœuvre constitutionnelle pour prolonger illégalement le mandat des élus locaux.

Maurice Kamto, président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), accuse les autorités d’avoir enfreint la Constitution en prolongeant le mandat des conseillers municipaux. Cette décision, officialisée par un décret présidentiel en date du 4 mai 2026, repose selon lui sur une violation des principes démocratiques et une usurpation du pouvoir législatif par l’exécutif.

L’opposant juridique s’appuie sur l’article 170 du code électoral, modifié en avril 2026 pour octroyer au président de la République le droit de repousser la fin des mandats locaux au-delà des 18 mois initialement prévus. Pourtant, cette réforme ne précise aucun effet rétroactif, ce qui, selon Kamto, rend illégale la prorogation décidée en mai.

Le décret en question a reporté la fin du mandat des conseillers au 27 février 2026, alors que la date légale initiale était fixée au 9 août de la même année. Pour l’ancien enseignant de droit, cette manœuvre constitue une atteinte directe au principe de non-rétroactivité des lois, garanti par la Constitution camerounaise.

Kamto en conclut que, depuis le 1er juin 2026, les conseils municipaux sont techniquement en situation de vacance légale sur tout le territoire. Il exhorte les maires à reconnaître cette irrégularité et à en tirer les conséquences juridiques pour eux-mêmes et pour les collectivités locales qu’ils dirigent. Dans une démarche offensive, il a saisi le Conseil constitutionnel afin d’obtenir l’annulation de cette prorogation et la convocation immédiate d’élections municipales.

Cette action soulève cependant des interrogations quant à son efficacité. En effet, le Conseil constitutionnel camerounais a souvent été critiqué pour son manque d’indépendance, rejetant systématiquement les recours portés contre les décisions présidentielles. Reste à savoir si cette saisine parviendra à faire bouger les lignes d’un système politique où le pouvoir exécutif semble avoir le dernier mot.