16 septembre 2026
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Avec notre correspondant à Yaoundé, Richard Onanena

L’audition du principal enquêteur dans le dossier de l’assassinat du journaliste camerounais Martinez Zogo a pris fin ce mardi à Yaoundé. Le colonel Jean-Pierre Otoulou, qui a dirigé les investigations, a comparu devant la commission d’enquête pour défendre la manière dont il a conduit les recherches.

Face aux questions, l’officier a affirmé disposer d’éléments probants. Il a notamment évoqué le rôle de Bruno Bidjang, collaborateur de l’homme d’affaires Jean-Pierre Amougou Belinga, l’un des principaux accusés dans cette affaire. Selon le colonel Otoulou, Bruno Bidjang aurait tenté de se renseigner sur les investigations qui le visaient directement.

De son côté, Bruno Bidjang a plaidé son innocence. Mais pour l’avocat des ayants droit de Martinez Zogo, cette démarche constitue une ingérence manifeste dans la procédure. « Cela révèle simplement ce dont on se doutait depuis le départ. Il a effectivement essayé d’infiltrer cette commission mixte dans une enquête qui était censée le concerner », déclare Maître Calvin Job.

Les aveux du lieutenant-colonel Danwe

Lors de ses échanges avec le colonel Otoulou, le lieutenant-colonel Justin Danwe, de la Direction générale des renseignements extérieurs (DGRE), a reconnu avoir planifié la filature, l’enlèvement et la torture de l’animateur camerounais. Il aurait également constitué les équipes opérationnelles en mobilisant des éléments de la DGRE. Toutefois, il affirme avoir agi sur instruction de sa hiérarchie.

Cette version est vivement contestée par les avocats de Léopold Maxime Eko Eko, directeur général des renseignements généraux à l’époque des faits. Pour la défense, rien ne vient étayer les déclarations de l’officier. « Il est allé à une mission sans recevoir d’ordre de mission ni de financement. Lorsqu’il en revient, il ne fait aucun compte rendu à la hiérarchie. Conclusion simple : c’est une initiative personnelle du colonel Danwe », balaie Maître Ndjana Ndjana.

Le lieutenant-colonel Justin Danwe a par ailleurs maintenu que la torture de Martinez Zogo n’avait pas eu lieu dans l’immeuble Ekang, propriété de Jean-Pierre Amougou Belinga.