9 juin 2026
Flower-Laying Ceremony At Moscow'S Tomb Of Unknown Soldier On Victory Day

RUSSIA, MOSCOW - MAY 9, 2025: Burkina Faso's President Ibrahim Traore attends a ceremony to lay flowers at the Tomb of the Unknown Soldier by the Kremlin Wall in Alexander Garden on Victory Day to mark the 80th anniversary of the victory over Nazi Germany in World War II (Credit Image: © Sofya Sandurskaya/TASS via ZUMA Press)

Le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al Qaïda, intensifie ses assauts meurtriers dans l’est du Burkina Faso depuis le début de l’année. En seulement dix jours, des centaines de vies ont été perdues, notamment parmi les forces de sécurité. Face à cette escalade, le gouvernement burkinabè maintient un silence frappant, soulevant des questions sur la gestion de l’actualité Burkina Faso.

Un silence assourdissant émane des autorités burkinabè. Les médias locaux restent muets, et aucune déclaration officielle n’a été faite par les forces de sécurité ou le gouvernement du Capitaine Ibrahim Traoré, président du Burkina Faso. La raison en est claire: la réalité des attaques djihadistes incessantes dans le nord et l’est du pays contredit le discours officiel de reconquête territoriale et de maîtrise sécuritaire, qui fut pourtant le motif principal du coup d’État militaire de septembre 2022.

Le 6 mars, un nouvel assaut dévastateur, probablement orchestré par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM, ou JNIM selon son acronyme arabe), a ciblé un camp de police des unités mobiles d’intervention à Yamba. Ce site se trouve à une vingtaine de kilomètres au nord de Fada N’Gourma, capitale de la province de Gourma, dans la région orientale du pays.

Un lourd bilan humain: des dizaines de victimes, dont au moins trente policiers

Selon des informations non officielles relayées par RFI et citant une source sécuritaire locale, l’attaque aurait entraîné la mort de « plusieurs dizaines de personnes », dont au moins une trentaine de policiers. Les témoignages décrivent une attaque menée par plusieurs dizaines d’assaillants à moto, qui ont pillé le camp et emporté du matériel. Les renforts n’ont malheureusement pas pu arriver à temps sur les lieux. Il est à noter que ce même camp avait déjà été attaqué il y a environ un an.

Cet incident s’inscrit dans une série de raids particulièrement violents en février. D’après un rapport de West Africa Maps, un réseau d’informateurs en Afrique de l’Ouest, 38 attaques djihadistes ont été menées par le JNIM durant ce mois, auxquelles s’ajoutent trois autres attribuées à l’État islamique au Grand Sahara (EIGS). Ce dernier est actif dans le nord-est, près des frontières avec le Niger et le Mali, des zones réputées pour leurs mines d’or et leurs axes commerciaux et de contrebande essentiels entre les trois nations. Cette situation régionale impacte également l’actualité Mali.

Le 14 février a marqué la journée la plus meurtrière de l’année, avec deux attaques simultanées visant une base des Unités combattantes des eaux et forêts et la caserne militaire de Titao, dans le nord du Burkina Faso. Le bilan fut terrible: 101 gardes forestiers et 186 Volontaires pour la défense de la Patrie (VDP) ont été tués. Héni Nsaibia, analyste pour l’ONG Acled, qui documente les victimes de conflits mondiaux, souligne que ces incursions révèlent « un haut degré de coordination, compte tenu du nombre d’attaques d’envergure survenues entre le 12 et le 22 février ».

Les VDP, une milice patriotique mise en place par les autorités comme force supplétive de l’armée, sont malheureusement les principales victimes des raids du JNIM. Le 3 mars, le groupe djihadiste a revendiqué l’élimination de 11 membres des VDP et la saisie de mitrailleuses, motos et divers équipements lors d’attaques contre trois positions à Gourbousou, Yabousgo et Zogoré, dans la région de Ouahigouya.

Le pouvoir militaire d’Ibrahim Traoré semble impuissant à faire face à ce défi sécuritaire croissant. Pire encore, les VDP sont également accusés de nombreuses exactions contre la minorité Peule musulmane, souvent suspectée de complicité avec les djihadistes. Le dernier massacre en date remonte au 1er mars, où plusieurs civils Peuls auraient été tués par les VDP dans la commune de Bittou.