14 mai 2026
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blocus des routes vers Bamako : les voyageurs piégés au Mali

Le blocus instauré par des djihadistes bloquent les déplacements vers et depuis Bamako

Au Mali, le blocus des principaux axes routiers menant à Bamako aggrave les difficultés des voyageurs, décrété par le Jnim, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, en représailles aux attaques du 25 avril dernier. Ces dernières semaines, des dizaines de camions et véhicules de marchandises ont été incendiés par les djihadistes, paralysant une partie du réseau routier national.

Certaines compagnies de transport maintiennent leurs liaisons malgré les risques, mais d’autres ont dû interrompre leurs activités en raison de l’insécurité croissante.

Des trajets retardés, des voyages annulés

Dans une compagnie de transport réputée de Bamako, desservant plusieurs pays voisins, l’arrivée d’un bus en provenance de Nouakchott illustre l’ampleur des perturbations. Ce véhicule, parti une semaine plus tôt, a mis quatre jours pour rejoindre la capitale malienne.

Mody, un migrant malien ayant souhaité témoigner sous anonymat, raconte son périple : « Nous avons quitté Nouakchott jeudi dernier à 7 heures du matin pour arriver à Gogui, à la frontière, à 23 heures. Les transporteurs nous ont avertis des dangers. Nous avons passé trois nuits sur place avant qu’un convoi militaire ne soit finalement annoncé. Sans escorte, nous avons atteint Diéma, mais les bus partis avant nous ont tous fait demi-tour sous la menace des éléments du Jnim. »

Un responsable de la compagnie confirme que dix bus sont actuellement bloqués dans les pays voisins, dont deux ont été incendiés ce week-end sur les routes nationales.

Des attentes prolongées pour les passagers

Dans une autre compagnie reliant Bamako à des villes comme Ségou, certains voyageurs patientent depuis près d’une semaine pour obtenir un billet. Seyba, un sexagénaire originaire de la région de Ségou, devait rentrer chez lui après avoir présenté ses condoléances à sa famille. « Aucune compagnie ne propose de trajet vers Ségou. La route est jugée trop risquée. Je vais devoir rester à Bamako en attendant une amélioration. »

Le gérant de l’entreprise, interrogé hors micro, révèle avoir perdu cinq bus samedi dernier, brûlés par les combattants du Jnim. Face à cette menace, la compagnie a suspendu ses liaisons vers et depuis Bamako jusqu’à nouvel ordre.