14 mai 2026
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Une conférence organisée à Dakar a mis en lumière les solutions envisagées par des économistes pour sortir le Sénégal de la spirale de la dette. Face à un endettement public frôlant 132 % du PIB, ces experts prônent une refonte radicale de la stratégie financière du pays.

Un endettement public sous haute tension

Les autorités sénégalaises ont révélé avoir identifié des engagements financiers contractés entre 2019 et 2024, non divulgués par les gouvernements précédents. Ces révélations ont propulsé le taux d’endettement du pays à un niveau critique, selon les dernières estimations officielles.

Ces découvertes ont relancé le débat sur la transparence des finances publiques et la nécessité d’un audit indépendant pour évaluer l’étendue exacte de la dette.

Diversifier les partenariats pour une souveraineté financière

Les participants à cette conférence ont souligné l’urgence de réduire la dépendance aux institutions multilatérales classiques. Parmi les propositions phares :

  • Élargir le cercle des créanciers : Inspiré par la stratégie de la Turquie, qui a su négocier avec des partenaires variés comme l’Arabie Saoudite, le Sénégal pourrait explorer des accords bilatéraux avec des pays émergents. La Chine, par exemple, est citée comme un partenaire potentiel, offrant des conditions moins contraignantes que les institutions traditionnelles.
  • Renforcer la coopération Sud-Sud : Demba Moussa Dembélé, président de l’Africaine de recherche et de coopération pour l’appui au développement endogène, a insisté sur l’importance de s’allier à des pays respectueux des souverainetés nationales. Pour lui, ces partenariats permettraient de « sortir du système néocolonial » qui entrave le développement du continent.
  • Instaurer une banque centrale indépendante : Une proposition audacieuse avancée par Ali Zafar, conseiller économique au PNUD, pour éviter les ingérences extérieures. Selon lui, aucun pays d’Asie n’aurait toléré une telle situation.

Protéger les secteurs sociaux et redéfinir les négociations avec le FMI

Les experts ont également alerté sur les risques de sacrifier les dépenses sociales au profit du remboursement de la dette. Ali Zafar a plaidé pour que le Sénégal aborde les discussions avec le Fonds monétaire international en position de force, avec des contre-propositions solides pour préserver les secteurs clés comme l’éducation et la santé.

Pour les économistes présents, il est temps que les pays africains unissent leurs voix pour rejeter les diktats imposés par les créanciers internationaux. Une nouvelle évaluation de la dette, menée en toute indépendance, est jugée indispensable pour identifier des solutions durables.

Les négociations entre le Sénégal et le FMI se poursuivent, mais les autorités locales semblent déterminées à explorer toutes les alternatives pour éviter une crise financière prolongée.