9 juin 2026
e87d938d-9bb8-421f-ba29-67e450e09637

Cotonou et Lomé renforcent leur collaboration pour briser la dépendance énergétique qui freine leur développement industriel. Face aux défaillances répétées des réseaux extérieurs, les deux pays unissent leurs efforts pour construire une autonomie électrique durable et stimuler leur croissance économique.

L’incendie de la sous-station d’Akosombo au Ghana, en avril dernier, a provoqué une perte de 1 000 mégawatts sur le réseau régional. Résultat ? Le Togo et le Bénin ont subi des coupures immédiates, rappelant une fois de plus la fragilité d’une région dépendante de fournisseurs externes. Cette situation critique illustre l’urgence pour les deux nations de sécuriser leur approvisionnement en électricité.

En 2024, une défaillance du Gazoduc ouest-africain avait déjà forcé le Togo à injecter 31 milliards de FCFA pour combler le manque de gaz nigérian. Ces incidents récurrents soulignent les limites d’une gouvernance énergétique fragmentée, notamment celle de la Communauté Électrique du Bénin (CEB), créée en 1968 mais limitée à un rôle de transporteur sans production propre.

Adjarala : le projet phare pour une souveraineté électrique

L’heure est à l’action politique. Le barrage hydroélectrique d’Adjarala, situé sur le fleuve Mono, représente une réponse concrète à cette crise. Avec un coût estimé à 266 milliards de FCFA et une capacité de 147 mégawatts, ce projet offre une stabilité énergétique sur trente ans. Il inclut également un volet agricole majeur : l’irrigation de 14 700 hectares de terres au Togo, renforçant ainsi la résilience économique des deux pays.

Cette initiative est vitale pour soutenir des pôles industriels comme la zone économique de Glo-Djigbé au Bénin, qui représente un investissement de plus d’1 milliard de dollars dans la transformation du coton et du cajou. De même, la plateforme d’Adétikopé au Togo, ne peut plus se permettre de dépendre des aléas énergétiques extérieurs. L’union fait la force : un marché intégré permettra aux deux pays de négocier en position de force avec les investisseurs internationaux.

Financer l’avenir : mobiliser l’épargne locale

Avec le retrait progressif des bailleurs de fonds internationaux des énergies fossiles, Cotonou et Lomé explorent de nouvelles sources de financement. Les Caisses Nationales de Sécurité Sociale (CNSS) et les compagnies d’assurances, disposant de réserves importantes, pourraient jouer un rôle clé. L’émission d’obligations énergétiques communes, garanties par les deux États, permettrait de convertir cette épargne sociale en un moteur d’infrastructures régionales. Une stratégie audacieuse pour concrétiser leur vision d’une autonomie énergétique.

Un tournant politique décisif

La visite officielle du président béninois Romuald Wadagni à Lomé en juin 2026 marque un moment historique. Le communiqué conjoint des deux pays pose les bases d’une intégration économique et infrastructurelle sans précédent. Leurs objectifs sont clairs : le Bénin prévoit d’ajouter 100 mégawatts tous les deux ans à son réseau, tandis que le Togo vise l’électrification totale d’ici 2030. Cette convergence politique ouvre enfin la voie à une indépendance énergétique commune, tant attendue.