26 mai 2026
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Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye destitue Ousmane Sonko de ses fonctions

Ousmane Sonko acclamé par ses partisans à Dakar après son limogeage

Le président du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a annoncé ce vendredi la fin des fonctions d’Ousmane Sonko en tant que Premier ministre, mettant ainsi un terme à des mois de tensions entre les deux hommes qui avaient accédé au pouvoir en avril 2024 sous l’impulsion d’un large mouvement populaire.

Dans une allocution diffusée à la télévision d’État, Oumar Samba Ba, secrétaire général de la présidence, a précisé que « les fonctions de monsieur Ousmane Sonko, Premier ministre, ainsi que celles des ministres et secrétaires d’État membres du gouvernement, sont désormais terminées ». Il a ensuite ajouté que « les membres du gouvernement sortant devront assurer les affaires courantes » en attendant une nouvelle organisation.

À ce stade, aucune information n’a été communiquée concernant la nomination d’un successeur à la tête du gouvernement.

Partisans d'Ousmane Sonko brandissant son portrait devant son domicile

Des divergences politiques de plus en plus visibles

Depuis son élection, Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, autrefois alliés indéfectibles, ont vu leurs relations se dégrader progressivement. Leur duo avait été porté par un élan populaire sans précédent, notamment grâce au slogan « Diomaye Moy Sonko » (« Diomaye, c’est Sonko » en wolof), qui symbolisait l’union entre les deux figures politiques.

Ousmane Sonko, figure charismatique et panafricaniste, avait su mobiliser une jeunesse sénégalaise en quête de changement, après des années de répression sous le mandat de Macky Sall. Empêché de se présenter à l’élection présidentielle de 2024 en raison d’une condamnation pour diffamation, il avait choisi de soutenir Bassirou Diomaye Faye, qui avait finalement remporté le scrutin.

Réactions immédiates et rassemblements populaires

Dès l’annonce officielle, Ousmane Sonko a réagi sur les réseaux sociaux en déclarant : « Alhamdoulillah. Ce soir, je dormirai le cœur léger à la cité Keur Gorgui ». Peu après minuit, il est rentré à son domicile de Dakar, où des centaines de partisans l’ont accueilli dans une ambiance festive.

Quelques heures plus tôt, devant le Parlement, il avait critiqué la « tyrannie » de l’Occident, l’accusant de vouloir « imposer l’homosexualité au reste du monde ». Cette déclaration intervenait quelques semaines après l’adoption d’une loi durcissant les peines contre les relations homosexuelles au Sénégal, un pays majoritairement musulman.

Manifestation de soutien à Ousmane Sonko devant son domicile

Un parti dominant et des ambitions politiques en jeu

Début mai, Bassirou Diomaye Faye avait critiqué la « personnalisation excessive » de Sonko au sein du parti au pouvoir. « Tant qu’il reste Premier ministre, c’est parce qu’il bénéficie de ma confiance. Quand ce ne sera plus le cas, il y aura un nouveau Premier ministre », avait-il déclaré lors d’une interview télévisée.

Le parti de Sonko, majoritaire à l’Assemblée nationale depuis les législatives de novembre 2024, a récemment fait adopter une réforme du code électoral, vivement contestée par l’opposition. Cette modification ouvre la voie à une éventuelle candidature de Sonko à l’élection présidentielle de 2029.

Bassirou Diomaye Faye, dont la popularité reste inférieure à celle de son ancien mentor, pourrait également se présenter en 2029, comme en témoigne la mobilisation récente autour du mouvement « Diomaye Président ».

Une dette publique qui pèse sur l’économie sénégalaise

Selon le Fonds monétaire international, le Sénégal figure parmi les pays les plus endettés d’Afrique subsaharienne, avec une dette représentant 132 % du PIB. Cette situation, héritée de l’administration précédente, a conduit à la suspension d’un programme d’aide de 1,8 milliard de dollars en 2024, après que le nouveau gouvernement eut dénoncé des dissimulations de données économiques.