9 juin 2026
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Le Réseau des médias africains pour la promotion de la santé et de l’environnement (REMAPSEN) a organisé, le mardi 24 mars 2026, une session de réflexion sur une thématique majeure : « Crise sécuritaire et baisse des financements extérieurs : quelles alternatives endogènes pour garantir les droits en santé sexuelle et reproductive/planification familiale au Burkina Faso ? ».

Dans un contexte marqué par l’insécurité et le retrait progressif des donateurs internationaux, le Burkina Faso doit impérativement trouver des leviers internes pour assurer la pérennité des services de santé sexuelle et reproductive (SSR).

Les statistiques du ministère de la Santé révèlent que les partenaires extérieurs assuraient autrefois environ 81 % du budget alloué à ce secteur. Cependant, cette aide s’est considérablement érodée ces dernières années, poussant les acteurs nationaux à explorer des mécanismes de financement propres au pays.

Désiré Thiombiano, à la tête de AMS synergie Burkina Faso, estime que le salut viendra d’une prise de conscience collective et d’un engagement accru des populations locales. Selon lui, il est impératif de ne plus dépendre uniquement de l’aide internationale pour lutter contre les mariages d’enfants, les grossesses non désirées et la mortalité maternelle.

Pour atteindre cette autonomie, l’expert suggère trois axes prioritaires :

  • Éduquer les citoyens sur l’importance de participer financièrement à la mobilisation des ressources.
  • Promouvoir la masculinité positive en impliquant activement les chefs coutumiers et religieux dans les campagnes de sensibilisation.
  • Mettre en place un système de collecte de fonds au niveau des collectivités territoriales pour garantir une gestion transparente et pérenne.

De son côté, la représentante de la direction de la santé de la famille, Dr Clarisse Bougma, a mis en avant les efforts financiers déjà consentis par l’État. Entre 2020 et 2025, les autorités du Burkina Faso ont injecté près de 3,9 milliards de francs CFA pour l’achat de produits contraceptifs. Le ministère maintient son engagement, particulièrement dans les régions où l’accès aux soins est rendu difficile par l’insécurité.

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« La recherche de financements endogènes est devenue une priorité stratégique pour assurer la continuité de nos programmes et atteindre nos engagements internationaux », a précisé Dr Bougma.

Boureima Sanga, coordinateur du REMAPSEN au Burkina Faso, a souligné que cet échange visait également à outiller les professionnels des médias pour un meilleur plaidoyer.

Il a rappelé que dans une période de crises multiples, il est crucial que la presse maîtrise les enjeux de la souveraineté sanitaire pour mieux informer et mobiliser les citoyens. Fondé en juin 2020, le REMAPSEN multiplie ces initiatives avec le soutien du Partenariat de Ouagadougou pour favoriser l’émergence de solutions locales durables.