15 juillet 2026
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Depuis que les peines encourues pour relations homosexuelles ont été doublées en mars dernier au Sénégal, l’angoisse s’est installée. Les appels à l’aide vers la France se multiplient, portés par des associations comme Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge. Les personnes concernées vivent désormais dans la clandestinité ou choisissent l’exil, terrifiées à l’idée d’être arrêtées.

Manifestation contre l'homosexualité au Sénégal après le durcissement des lois

Une fuite vers la France, seule issue

Chérif* a atterri en France début juin, sans retour possible. « Je savais que j’allais être arrêté », confie-t-il. Après l’arrestation d’un proche d’Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale, la peur l’a submergé. L’homme interpellé était présenté comme un allié politique de Sonko, qui a porté le projet de loi alourdissant les peines pour homosexualité, passant de cinq à dix ans de prison.

Les médias locaux ont relayé plusieurs arrestations de partenaires présumés. « J’ai effacé tous mes messages, photos et preuves de ma vie secrète », explique Chérif. « Mon ami avait été interpellé, son téléphone fouillé. J’y apparaissais. » Une paranoïa généralisée s’est installée : chaque interaction, chaque message pouvait devenir une condamnation.

Une société sénégalaise en proie à la haine

Au Sénégal, l’atmosphère est devenue irrespirable. Les discours de rejet se propagent sans filtre, alimentés par des accusations de « perversion de la jeunesse ». Les familles se retournent contre leurs proches, les rues deviennent hostiles, et même les réseaux sociaux amplifient les appels à la discrimination.

Chérif n’est pas le seul à avoir fui. Des centaines de personnes contactent désormais des associations en France, désespérées. Le durcissement de la loi a transformé leur quotidien en enfer. Entre le rejet familial, la menace policière et l’isolement, beaucoup ne voient plus d’autre issue que l’exil.

Des associations en première ligne

Stop Homophobie, SOS Homophobie et Le Refuge coordonnent leurs efforts pour venir en aide à ces personnes en danger. Les démarches administratives, les hébergements d’urgence et le soutien psychologique sont devenus indispensables face à l’afflux de demandes.

Mais pour beaucoup, la route vers la France est semée d’embûches. Les visas, les coûts du voyage, et la précarité administrative compliquent encore leur situation. Pourtant, rester au Sénégal signifie risquer la prison, voire pire.

Une chose est sûre : le durcissement des lois a plongé les homosexuels sénégalais dans une précarité sans précédent. Leur survie dépend désormais de leur capacité à fuir, ou à trouver une protection internationale.