9 juin 2026
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Déjà affaibli par son implication dans une tentative de coup d’État au Bénin en décembre 2025, l’activiste Kemi Seba a été interpellé par les autorités en Afrique du Sud. Les détails entourant son arrestation s’avèrent particulièrement troublants. Le militant béninois, qui se présente depuis des années comme un défenseur de la cause noire, a été appréhendé aux côtés d’un terroriste suprémaciste blanc dont l’idéologie est radicalement opposée aux communautés noires.

Cette scène, capturée le mercredi 15 avril, illustre de nouveaux rapports de force en Afrique australe. La police sud-africaine a arrêté Kemi Seba, figure d’un panafricanisme décolonial extrême, en compagnie de François van der Merwe. Ce dernier, âgé de 26 ans, dirige les « Bittereinders » (« Ceux qui luttent jusqu’au bout »), un groupuscule radical né en 2021. Ce mouvement prétend protéger la minorité afrikaner contre ce qu’il qualifie de « discriminations anti-blancs ». Surveillée de près par l’Agence de sécurité d’État (SSA), l’organisation de Van der Merwe compterait plusieurs centaines de partisans armés.

Le rôle de l’oligarque Konstantin Malofeev

Le lien entre le militant panafricaniste et le leader suprémaciste blanc réside dans une organisation nommée la « Société de l’aigle à deux têtes ». Ce réseau, également connu sous le nom de Tsargrad, est dirigé par l’oligarque russe ultra-conservateur Konstantin Malofeev. Sous sanctions internationales depuis 2014 pour avoir financé des séparatistes en Ukraine, l’homme d’affaires fait aussi l’objet d’une enquête à New York depuis 2022 pour violation de ces sanctions.

En septembre dernier, François van der Merwe s’est rendu à Moscou à l’invitation de Malofeev. Depuis ce séjour, il profite d’une visibilité médiatique inhabituelle dans les médias russes. Malgré des arrestations en décembre 2023 pour rixe et en janvier 2024 pour trouble à l’ordre public, le jeune Afrikaner est systématiquement dépeint par l’appareil médiatique du Kremlin comme un « prisonnier politique ». Des rassemblements de soutien ont même été constatés à Moscou.

Une alliance contre-nature aux conséquences lourdes

Dans ce contexte, Kemi Seba semble être devenu un instrument au service d’intérêts extérieurs. Celui qui dénonce sans relâche le « suprémacisme occidental » se retrouve aujourd’hui lié à une mouvance dont le fondement est la défense des privilèges raciaux hérités de l’Apartheid.

En s’affichant avec les Bittereinders, Kemi Seba franchit une étape supplémentaire en s’associant à un groupe qui considère la majorité noire sud-africaine comme une menace. Plus grave encore, cette organisation est classée comme terroriste en Afrique du Sud. Le ressortissant béninois est soupçonné d’avoir facilité leurs activités sur le territoire national. Les charges retenues contre Kemi Seba pourraient donc s’avérer bien plus lourdes que les premières informations ne le suggéraient.