Alerte de l’ONU : suspension des élections et durcissement contre la société civile au Mali
Les instances onusiennes tirent la sonnette d’alarme face à l’évolution politique au Mali. Volker Türk, Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, dénonce avec fermeté la suspension prolongée des processus électoraux ainsi que l’intensification des mesures répressives envers les acteurs de la société civile malienne.

Dans un communiqué officiel, Volker Türk alerte sur les conséquences dramatiques de la situation actuelle. Selon lui, les textes législatifs récemment adoptés menacent gravement les droits fondamentaux des citoyens maliens. « Ces dispositions risquent d’hypothéquer durablement le respect des libertés fondamentales dans le pays », déclare-t-il, tout en appelant les autorités de transition à abroger sans délai ces mesures controversées.
Un mandat présidentiel illimité et la dissolution des partis politiques
Le général Assimi Goïta, figure centrale du pouvoir depuis 2021, a récemment fait adopter une loi lui conférant un mandat présidentiel de durée indéterminée. Cette réforme constitutionnelle, qualifiée de « coup de force institutionnel » par l’ONU, ferme définitivement la porte à toute élection démocratique dans un avenir proche. Volker Türk souligne que ces changements violent le droit fondamental des Maliens à « participer aux affaires publiques, à voter et à se présenter à des scrutins libres et réguliers ».
Cette dynamique autoritaire s’est encore accentuée avec la dissolution des partis politiques décidée en mai 2025. Le dossier est actuellement entre les mains de la Cour Constitutionnelle malienne, sans perspective de résolution favorable.
Arrestations arbitraires et instrumentalisation de la justice
Parallèlement, les autorités maliennes multiplient les interpellations ciblées parmi les personnalités de la société civile et les anciens responsables politiques. Parmi les figures emblématiques détenues figurent Clément Dembélé, militant anticorruption de renom, et Choguel Maïga, ancien Premier ministre. L’ONU dénonce une « vague d’arrestations arbitraires basées sur des accusations floues d’atteinte à la sécurité nationale », visant principalement ceux qui osent critiquer le pouvoir en place.
« Cette escalade répressive, qui cible indistinctement des citoyens issus de tous horizons, est profondément préoccupante », déclare Volker Türk. Il exige la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes détenues pour des motifs politiques, tout en appelant à l’arrêt de l’instrumentalisation de la justice contre toute forme de dissidence.