24 juillet 2026
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À Abidjan, les dirigeants africains et leurs partenaires internationaux ont scellé une alliance inédite pour faire des minéraux critiques du continent un pilier de croissance. Lors d’une conférence dédiée aux ressources stratégiques, l’enjeu était clair : passer d’une logique d’exportation brute à une économie transformatrice, durable et inclusive.

Les ministres africains en charge des Mines, de l’Énergie et de l’Économie verte, accompagnés de représentants d’institutions panafricaines et de banques régionales, ont posé les bases d’un nouveau modèle minier. Leur objectif ? Maximiser la valeur des 29 500 milliards de dollars de ressources disponibles, tout en répondant à la demande mondiale en forte hausse.

Abidjan, capitale d’une révolution minière africaine

Cette rencontre ministérielle a réuni l’ensemble des acteurs clés pour repenser la gouvernance des ressources naturelles. Parmi eux, la Commission de l’Union africaine, le secrétariat de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, ainsi que des investisseurs internationaux. Ensemble, ils ont acté l’urgence de créer des chaînes de valeur locales et régionales.

Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Sidi Ould Tah, a lancé un appel solennel : « Il est temps de briser les chaînes de la dépendance en transformant nos ressources en richesses tangibles pour nos populations. »

Un changement de paradigme pour l’Afrique

Pour Sidi Ould Tah, cette conférence marque un tournant. « Nous devons opérer une refonte radicale de notre approche : localiser la transformation, renforcer les infrastructures et mobiliser des financements endogènes. » Il a souligné le rôle clé des 100 institutions africaines de financement du développement, dont le potentiel reste largement sous-exploité.

Selon lui, la priorité réside dans la création d’industries locales et la consolidation des partenariats public-privé. « Les ressources minières doivent devenir le moteur d’une industrialisation durable, génératrice d’emplois et de prospérité partagée. »

La Côte d’Ivoire mise sur son potentiel minier

Le ministre ivoirien des Mines, Mamadou Sangafowa-Coulibaly, a mis en lumière le rôle central de son pays dans cette dynamique. Avec près des trois quarts de son territoire propices à l’exploitation de minéraux critiques, la Côte d’Ivoire se positionne comme un acteur majeur de la transition énergétique.

Le gouvernement ivoirien a présenté un plan ambitieux pour 2026-2040, doté d’un budget de 38 000 milliards de francs CFA. L’enjeu ? Accélérer la transformation locale des ressources et atteindre le statut de pays à revenu intermédiaire d’ici 2030.

Pour y parvenir, Abidjan mise sur une politique minière intégrée, combinant innovation, partenariats stratégiques et financement privé. « Aucun pays ne peut réussir seul. Nous devons unir nos forces pour créer des synergies régionales. »

Un trésor de 29 500 milliards de dollars à valoriser

L’Afrique regorge de ressources stratégiques : cobalt, lithium, graphite, terres rares, cuivre, manganèse et nickel. Ces minerais, essentiels à la transition énergétique mondiale, représentent près de 20 % des réserves globales. Pourtant, 8 600 milliards de dollars de ces richesses restent inexploités.

La demande mondiale explose : le lithium pourrait voir sa demande multipliée par 9 d’ici 2040, tandis que le cuivre et les métaux du groupe du platine connaîtront une hausse respective de 88 % et 1 000 %. Une opportunité historique pour l’Afrique.

L’industrialisation, clé de la souveraineté économique

Face à cette manne potentielle, les dirigeants africains ont réaffirmé leur volonté de rompre avec le modèle traditionnel. Leur stratégie ? Développer des filières industrielles locales, créer des emplois qualifiés et réduire la dépendance aux exportations brutes.

Avec une chaîne de valeur des véhicules électriques et des batteries appelée à décoller (de 7 000 à 59 000 milliards de dollars d’ici 2050), l’Afrique a toutes les cartes en main pour s’imposer comme un acteur incontournable de l’économie verte.