In this photo release by the Chadian Press Agency, Limane Mahamat, deputy prime minister, center left, is greeted upon his arrival at Igote village following a clash between two families over a water point, in the Wadi Fira, Chad, Sunday, April 26, 2026. (Chadian Press Agency via AP)
Au moins 42 personnes ont péri dans l’est du Tchad à la suite d’affrontements meurtriers déclenchés par un conflit autour d’un point d’eau, a indiqué dimanche soir le vice-premier ministre tchadien.
Lors d’une visite dans le village d’Igote, situé dans la province de Wadi Fira à proximité de la frontière avec le Soudan, Limane Mahamat a confirmé que ces violences avaient causé la mort de 42 individus et blessé 10 autres. Les victimes ont été évacuées vers le centre de santé local pour y recevoir des soins.
Une intervention militaire pour rétablir l’ordre
Le vice-premier ministre a révélé que les représailles s’étaient étendues sur une zone étendue, nécessitant une mobilisation rapide des forces armées. Grâce à leur réaction, les affrontements ont pu être maîtrisés, et la situation est désormais « sous contrôle ».
Pour éviter de nouveaux débordements, le gouvernement tchadien a lancé une médiation coutumière dans la région et engagé des poursuites judiciaires afin d’identifier les responsables et de les sanctionner.
Des tensions récurrentes autour des ressources naturelles
Les conflits intercommunautaires liés à l’accès aux ressources, notamment entre agriculteurs et éleveurs, sont fréquents au Tchad. L’an dernier, des affrontements similaires dans le sud-ouest du pays avaient déjà causé la mort de 42 personnes et détruit plusieurs habitations.
Face à cette menace persistante, Limane Mahamat a assuré que le gouvernement mettrait tout en œuvre pour sécuriser la zone frontalière, où les violences ont éclaté, et empêcher toute déstabilisation.
Une pression accrue due à l’afflux de réfugiés soudanais
Les provinces orientales du Tchad subissent depuis des mois une pression accrue en raison de l’arrivée massive de réfugiés fuyant la guerre au Soudan. Des centaines de milliers de personnes ont traversé la frontière, mettant à rude épreuve les ressources locales et la stabilité sécuritaire.
En février, le Tchad a décidé de fermer sa frontière avec le Soudan « jusqu’à nouvel ordre », une mesure visant à limiter l’infiltration de combattants des factions belligérantes soudanaises et à préserver la sécurité nationale.
Le conflit au Soudan, qui a déjà fait plus de 40 000 morts selon l’ONU, a engendré la pire crise humanitaire mondiale. Plus de 14 millions de personnes ont été déplacées, et des épidémies ainsi que des famines sévissent dans certaines régions.