10 juin 2026
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« Yaoundé n’est plus la cité d’antan, celle que j’ai connue il y a vingt ans. L’évolution est frappante, avec des infrastructures modernes qui parsèment le centre-ville. Pourtant, la ville qui m’a vu grandir s’étend désormais bien au-delà des sept collines qui la caractérisent. Je suis fier de cette transformation », confie Mbarga Obama, un habitant de longue date. À près de 90 ans, ce natif de la capitale politique du Cameroun retrace avec enthousiasme les grandes mutations de son village devenu une métropole tentaculaire.

« Autrefois, le noyau urbain se limitait au plateau Atemengué, avec une extension modeste vers Mokolo et Nlong-Kak. Le reste était encore semi-rural », ajoute-t-il. Depuis, beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. L’ancien village attire chaque année des milliers de nouveaux résidents, faisant grossir la population au point que les localités voisines ont été absorbées par la ville.

Cette expansion pose question aux urbanistes. Blaise Feugang, délégué départemental du ministère de l’Habitat et du Développement urbain dans le Nyong et So’o, estime qu’il faut repenser le modèle. « Pour une ville comme Yaoundé, il est préférable de construire en hauteur plutôt qu’à l’horizontale, comme c’est souvent le cas. La verticalité est plus économique, notamment pour les équipements à installer. De plus, des immeubles esthétiques embellissent le paysage urbain. »

Nombre d’experts interrogés jugent que, pour rendre la capitale politique plus attrayante, le Cameroun aurait intérêt à la délocaliser afin de répondre pleinement aux normes internationales. À défaut, il faudrait aider les familles à améliorer leurs habitations.