25 juillet 2026
f91563a0-6c6b-487e-a1b8-ad179060290d

Une surveillance accrue à Ouagadougou

Dans la capitale du Burkina Faso, une atmosphère de suspicion généralisée s’installe au sein des plus hautes sphères du pouvoir. Les autorités militaires ont instauré une mesure radicale et inédite : la rétention des passeports des membres du gouvernement ainsi que de plusieurs officiers supérieurs. Cette décision, qui vise à restreindre les déplacements hors du territoire, reflète une volonté de verrouiller l’appareil d’État et de limiter les risques de désertion ou de fuite d’informations stratégiques.

Cette restriction intervient dans un contexte où l’insécurité persiste sur une grande partie du territoire national. Malgré les opérations militaires en cours et le déploiement massif des Volontaires pour la Défense de la Patrie (VDP), les attaques perpétrées par les groupes jihadistes continuent de menacer aussi bien les forces de sécurité que les populations civiles. Cette instabilité chronique accentue les tensions internes et renforce la méfiance des autorités envers leurs propres collaborateurs.

Pour de nombreux analystes, ces mesures révèlent les difficultés des régimes militaires à maintenir une cohésion durable au sein de leurs structures. Plus le pouvoir se concentre entre quelques mains, plus les risques de divisions, de rivalités ou de trahisons deviennent préoccupants pour la stabilité du régime.

Au Niger, une opposition armée déterminée

Au Niger, la contestation contre la junte prend une tournure militaire. À peine libéré, Mohamed Salah, secrétaire général du Front Patriotique pour la Libération (FPL), a réaffirmé son intention de lancer une offensive d’envergure contre le régime du général Abdourahamane Tiani. Sa libération, intervenue en juin 2026 dans le cadre d’un échange d’otages avec les forces de Khalifa Haftar en Libye, lui permet désormais de promouvoir une résistance ouverte.

Le FPL, qui se présente comme un mouvement défendant la légitimité constitutionnelle, exige toujours la libération de l’ancien président Mohamed Bazoum et revendique le rétablissement de l’ordre démocratique. Les déclarations de Mohamed Salah indiquent une escalade notable dans la crise nigérienne, où une opposition armée assume désormais publiquement son ambition de renverser la junte. Cette situation risque de fragmenter davantage les ressources sécuritaires du pays, déjà mises à rude épreuve par la lutte contre les groupes terroristes.

Des défis qui dépassent la lutte antiterroriste

Les récents événements au Burkina Faso et au Niger illustrent une réalité préoccupante : les défis auxquels sont confrontés les régimes militaires ne se limitent plus à la seule lutte contre le terrorisme. Au Burkina Faso, la priorité semble désormais être la préservation de la cohésion interne du pouvoir, tandis qu’au Niger, une opposition armée structurée menace directement la stabilité du régime en place.

Cette accumulation de pressions, qu’elles soient d’ordre sécuritaire, politique ou interne, met en lumière la fragilité des gouvernances issues de coups d’État. Malgré des discours axés sur la restauration de la souveraineté et de la sécurité, les deux pays doivent faire face à des défis majeurs qui remettent en question leur capacité à instaurer une stabilité durable. La situation au Sahel, déjà complexe, pourrait encore se dégrader dans les mois à venir, sous l’effet de cette conjonction de crises.