15 mai 2026
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Un an de privation de liberté pour l’opposant Succès Masra au Tchad

Succès Masra lors d'une rencontre à N'Djamena en 2021

Ce samedi 16 mai marque le premier anniversaire de l’arrestation de Succès Masra, figure majeure de l’opposition tchadienne. Ancien premier ministre et fondateur du parti Les Transformateurs, il a été condamné en août 2025 à vingt ans de prison ferme pour son rôle présumé dans des violences intercommunautaires dans le sud du pays. Son interpellation, survenue au petit matin de ce jour fatidique, a plongé ses partisans dans l’incompréhension et la colère.

Malgré cette épreuve, les membres du parti Les Transformateurs affichent une détermination sans faille. Le secrétaire général du mouvement, le Docteur Tog-Yeum Nagorngar, a tenu à rappeler l’innocence de leur leader et l’absence de preuves tangibles à son encontre.

Une voix qui résonne malgré les barreaux

Témoignage : l’opposant Succès Masra au cœur de l’actualité

« Le Président Succès Masra, bien que privé de liberté, n’est pas absent des débats politiques. Notre collectif reste mobilisé et poursuit ses objectifs avec une détermination intacte. Les accusations portées contre lui sont dépourvues de fondement juridique. Aucune preuve concrète n’a été présentée pour justifier sa condamnation. Nous restons convaincus qu’il s’agit d’une erreur judiciaire. La responsabilité de rectifier cette injustice incombe désormais au maréchal Mahamat Idriss Déby Itno. Nous espérons vivement qu’il agira avec équité. »

Répression accrue contre l’opposition tchadienne

La semaine dernière, huit autres dirigeants de partis d’opposition, membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), ont été condamnés à huit ans de prison ferme. Leur crime ? Avoir tenté d’organiser une marche pacifique d’indignation. Parmi eux figure Sosthène Mbernodji, coordonnateur du Mouvement Citoyen pour la Préservation des Libertés (MCPL), qui dénonce une dérive autoritaire.

« Depuis l’incarcération de Succès Masra il y a un an, Les Transformateurs subissent une répression systématique. Le GCAP, dernière coalition d’opposition encore active, a été dissous par la justice, et huit de ses membres sont désormais derrière les barreaux. Le Tchad glisse vers un régime autoritaire, où le pluralisme politique n’est plus qu’un lointain souvenir. Nous sommes revenus à l’ère du parti unique des années post-indépendance. Il est urgent de rétablir un climat de dialogue pour éviter un recul de plusieurs décennies. »

Face à cette escalade répressive, une vingtaine de partis d’opposition ont dénoncé dans un communiqué commun la muselière imposée aux voix dissidentes et l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques.