Une atmosphère plus tendue que jamais caractérise actuellement les relations entre le Sénégal et la France. Deux événements récents ont exacerbé les divergences entre les deux pays : l’adoption d’une loi sénégalaise durcissant les peines liées à l’homosexualité et l’interpellation d’un citoyen français à Dakar en février 2026. Ces faits, survenus dans un contexte déjà fragile, ont déclenché un débat intense sur les droits humains, la souveraineté nationale et les enjeux diplomatiques.
Le 11 mars 2026, l’Assemblée nationale du Sénégal a adopté un texte législatif renforçant les sanctions contre les relations entre personnes de même sexe. Selon les autorités sénégalaises, cette réforme vise à préserver les valeurs socioculturelles du pays, déjà ancrées dans un cadre juridique restrictif sur ces questions. Les peines encourues ont été alourdies, ce qui a immédiatement suscité des réactions internationales.
Peu après, le 14 février 2026, un ingénieur français résidant à Dakar a été arrêté. Accusé de « actes contre nature », d’association de malfaiteurs, de blanchiment de capitaux et de tentative de transmission du VIH, son cas a rapidement pris une dimension politique et diplomatique. Les autorités consulaires françaises ont confirmé suivre de près son dossier et maintenir un contact régulier avec lui et sa famille.
En France, plusieurs responsables ont réagi avec fermeté. Parmi eux, Yaël Braun-Pivet a dénoncé publiquement les atteintes aux droits des personnes LGBT+, qualifiant la criminalisation de l’orientation sexuelle de violation des droits fondamentaux. Ces déclarations ont divisé l’opinion : certains y voient une défense légitime des droits humains, tandis que d’autres les considèrent comme une ingérence dans les affaires internes d’un État souverain.
Les deux pays, engagés dans une redéfinition de leur partenariat économique, sécuritaire et diplomatique, se retrouvent face à une tension supplémentaire. La question des droits des minorités sexuelles est devenue un sujet de friction majeur, opposant ceux qui plaident pour une protection internationale des personnes LGBT+ et ceux qui insistent sur le respect des souverainetés nationales.
Cette affaire illustre les profondes divergences entre les approches occidentales et africaines des droits et libertés individuelles. Alors que les échanges diplomatiques se poursuivent, Paris et Dakar doivent désormais composer avec une relation où coopération et désaccords coexistent de manière de plus en plus visible.