13 juin 2026
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L’Union générale des étudiants burkinabè suspendue, ses dirigeants arrêtés

Alors que le Burkina Faso commémorait le 36e anniversaire de l’assassinat de l’étudiant Dabo Boukary sous le régime de Blaise Compaoré, l’Union générale des étudiants burkinabè (Ugeb) a vivement critiqué l’incapacité du pouvoir militaire à garantir la sécurité nationale. Cette déclaration, jugée provocatrice par les autorités, a servi de prétexte à une répression sans précédent contre l’association.

Manifestation étudiante au Burkina Faso

Des interpellations musclées et une accusation d’apologie du terrorisme

Quelques jours après cette prise de position, des individus en civil et armés ont procédé à l’arrestation illégale et violente de plusieurs étudiants, dont le président de l’Ugeb, selon les déclarations de l’association. Ces actes, qualifiés d’arbitraires, ont immédiatement déclenché une enquête judiciaire.

Le ministère de l’Administration territoriale a riposté en suspendant l’Ugeb pour une durée de trois mois, renouvelable. Pendant cette période, l’association est privée de toute activité, une mesure présentée comme une réponse à des accusations graves : apologie du terrorisme.

Une enquête ouverte pour démoralisation des forces de défense

Le procureur du Faso, près le tribunal de grande instance de Ouagadougou 2, a confirmé l’ouverture d’une procédure judiciaire. Selon ses déclarations, les propos tenus par l’Ugeb pourraient constituer des infractions au code pénal burkinabè, notamment une entreprise de démoralisation des forces de défense et de sécurité.

L’apologie publique d’actes de terrorisme est passible, selon la loi, d’une peine pouvant aller de un à dix ans d’emprisonnement. Cette affaire, qui s’inscrit dans un contexte sécuritaire déjà tendu, suscite de vives inquiétudes au sein de la communauté estudiantine et des défenseurs des droits humains.

L’Ugeb, qui dénonce une instrumentalisation politique, affirme que cette répression vise à étouffer toute voix critique envers le régime actuel dirigé par le capitaine Ibrahim Traoré.