
La localité d’Anéfis, située au cœur du Mali, a été le théâtre d’une arrivée marquante. Après près de dix heures de combats acharnés, qualifiés d’« intenses » par toutes les parties, un convoi stratégique a réussi à atteindre la ville dans la soirée du jeudi 9 juillet, vers 20 heures.
Cette mission périlleuse a été couronnée de succès. Le convoi, confronté aux tirs nourris des jihadistes du Jnim et des combattants du Front de libération de l’Azawad (FLA) durant toute la journée, a finalement forcé le passage. Face à la détermination des forces en présence, les groupes armés ont été contraints de se retirer, permettant ainsi aux soldats maliens et à leurs alliés de l’Africa Corps de sécuriser la ville et le camp militaire d’Anéfis. Ce développement est crucial pour la politique Mali et la stabilité régionale.
Les affrontements ont malheureusement entraîné des pertes humaines et des blessés des deux côtés. De nombreux véhicules blindés et pickups ont été détruits. Bien que chaque camp ait diffusé des images des dommages infligés à l’ennemi, un bilan précis et vérifiable de ces combats reste, pour l’heure, impossible à établir.
L’aviation et les combattants touaregs, des atouts décisifs
Malgré des récits de bataille parfois contradictoires, un élément fait l’unanimité : la supériorité aérienne a été déterminante pour les forces maliennes et leurs partenaires russes. Un chef militaire du FLA a d’ailleurs admis la difficulté de riposter face aux « pluies de frappes » des drones et des avions Sukhoï. L’intégration de combattants touaregs, issus de groupes politico-militaires du Nord tels que le Gatia et le MSA, également alliés des autorités de Bamako, a également joué un rôle majeur. Des responsables de ces groupes ont souligné que leurs adversaires se sont retrouvés face à des « enfants du désert » qui « maîtrisent le terrain », une expertise précieuse dans cette région du Mali.
La mission a donc été menée à bien : le camp d’Anéfis demeure sous le contrôle de l’armée, et ses garnisons ont pu recevoir des renforts essentiels en personnel et en matériel militaire. Cette arrivée était d’autant plus cruciale qu’un précédent convoi, le dimanche 5 juillet, avait été repoussé par les groupes armés, contraint de rebrousser chemin. Cette actualité Mali est suivie de près.
À ce jour, l’armée malienne n’a pas encore publié de communiqué officiel concernant cette opération.
Une victoire qui « change la donne » pour le Mali
Ce succès militaire est perçu comme un véritable « changement de donne » par une source sécuritaire malienne. Il intervient après une série de revers pour l’armée dans la région, notamment la perte de Kidal et Tessalit depuis le 25 avril, et le siège du camp d’Anéfis qui a duré près d’une semaine. Tandis que le FLA et le Jnim espéraient s’emparer d’Anéfis pour expulser les forces maliennes et leurs partenaires russes de la région de Kidal, le renforcement de la position de l’armée à Anéfis ouvre désormais la voie aux opérations de reconquête annoncées par l’état-major malien dès le début du mois de mai. C’est une information importante pour l’actualité Bamako et la stratégie militaire.
Du côté des groupes armés, un dirigeant du FLA minimise l’impact : « Cela affecte un peu le moral, mais cela ne change rien. Nous voulions conquérir Anéfis et cette fois-ci, nous n’avons pas pu. Mais nous n’avons rien perdu. » En effet, Kidal et Tessalit restent sous leur contrôle, et leurs objectifs ne sont pas abandonnés. Un autre cadre indépendantiste reconnaît : « Ils ont remporté une bataille, mais la guerre est loin d’être terminée. » La société malienne reste attentive à ces développements.