Le Sénégal accorde son soutien à Macky Sall pour le poste de secrétaire général de l’ONU
Le gouvernement sénégalais a opéré un revirement diplomatique spectaculaire en annonçant, ce lundi 20 juillet, son appui à la candidature de l’ancien président Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies. Cette décision surprenante intervient à peine trois jours après une rencontre entre l’ex-chef d’État et son successeur, Bassirou Diomaye Faye, à Dakar.

Jusqu’à présent, Dakar n’avait pas exprimé son soutien à cette candidature, officiellement déposée par le Burundi dans le cadre de la présidence tournante de l’Union africaine. En mars dernier, une vingtaine d’États membres de l’UA, dont le Sénégal, avaient même rejeté la possibilité d’un tel appui, Macky Sall étant alors sous le feu des critiques pour la gestion des manifestations de l’opposition entre 2021 et 2024.
Un changement de cap motivé par une rencontre décisive
Le président Bassirou Diomaye Faye a justifié cette volte-face par la nécessité de renforcer le multilatéralisme africain. Dans un communiqué du ministère des Affaires étrangères, il est précisé que le Sénégal « apportera son plein soutien » à la candidature de Macky Sall, désormais présentée comme « celle du Sénégal au service de l’Afrique ». Les diplomates sénégalais sont désormais chargés de promouvoir activement cette initiative auprès des autres États membres de l’ONU.
Cette décision intervient quelques jours après le retour de Macky Sall à Dakar, où il a été accueilli par une foule nombreuse. Son passage dans la capitale a cependant suscité de vives polémiques, ses détracteurs exigeant des clarifications sur les violences policières ayant marqué ses deux mandats, ainsi que sur la gestion controversée de la dette publique.
Un contexte politique et économique tendu
L’ancien président, qui a dirigé le pays de 2012 à 2024, quitte le pouvoir dans un contexte marqué par des accusations de répression et de dissimulation financière. Les autorités actuelles lui reprochent notamment d’avoir occulté une partie de l’endettement national, aggravant la situation économique du pays. Malgré ces controverses, le gouvernement de Bassirou Diomaye Faye semble désormais privilégier une approche conciliante, au nom d’une unité africaine renforcée.
Cette stratégie pourrait s’inscrire dans une volonté de tourner la page des divisions internes, tout en affichant une cohésion sur la scène internationale.