22 juillet 2026
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Économie

Somdia quitte le sucre camerounais : les vraies raisons cachées au chef de l’État

Après l’annonce du retrait de Somdia de la Sosucam, malgré les engagements pris par Pierre Castel auprès du président, une partie de la presse tente de justifier ce départ en évoquant des tensions internes au groupe.

Armand Djaleu
| | 2 min de lecture
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« Après la décision prise par Somdia de quitter la Sosucam, malgré les promesses faites par Pierre Castel au président de la République, ceux qui ont bénéficié des décrets pour s’enrichir au lieu de servir les populations ont mis à contribution une partie de la presse pour justifier ce départ en avançant un récit laissant croire au président que le groupe quitte le Cameroun à cause de disputes familiales », explique Albin Njilo.

Selon lui, le groupe, parti du Cameroun, vient de signer une convention avec la Côte d’Ivoire pour investir 100 milliards de FCFA dans le secteur sucrier ivoirien. « La vérité est tout autre. Somdia quitte le Cameroun parce que les élites du régime de Yaoundé ont mis en place une politique de distribution des licences d’importation de sucre à leurs proches. Résultat : la Sosucam ne parvenait plus à vendre son sucre, le marché étant inondé par des importations qui coûtent moins cher », ajoute-t-il.

« Malgré cette concurrence, Somdia avait injecté, l’an dernier, 4,5 milliards de FCFA, espérant que le gouvernement réduirait le quota des importations. Rien n’a changé : du sucre d’une valeur de 125 milliards de FCFA a été importé. Le plus grave, c’est que ces importateurs, qui seraient des prête-noms de certaines élites du régime, bénéficieraient de facilités douanières. Ils importent du sucre au Cameroun, officiellement destiné au marché local, mais revendent dans le marché sous-régional. Une grande quantité de sucre est actuellement stockée dans les magasins du terminal ferroviaire de Ngaoundéré, bloquée depuis la décision du président Mahamat Idriss Déby de rétablir les barrières douanières sur le sucre en provenance du Cameroun. Ce sucre est ensuite reversé sur le marché camerounais », précise Albin Njilo.

Pourquoi la Côte d’Ivoire plutôt que le Cameroun ?

« En Côte d’Ivoire, malgré une production locale inférieure à la demande, le gouvernement ne distribue pas les licences d’importation à des prête-noms. Il évalue le déficit de production et autorise les producteurs à importer selon un quota déterminé. Seuls les producteurs bénéficient de ces quotas lorsqu’il y a une pénurie », conclut le journaliste de Construire Ensemble.

Somdia SOSUCAM