7 septembre 2026
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Lomé, 13 août 2026 — L’Afrique de l’Ouest fait face à un choix décisif : continuer à importer massivement ses médicaments ou investir dans une industrie pharmaceutique locale. C’est le constat partagé par les acteurs du secteur médical et universitaire ouest-africains lors des 21ᵉ Assises scientifiques de la Fédération des étudiants en Pharmacie de l’Afrique de l’Ouest (FESPAO), tenues le 12 août à l’Agora Senghor de Lomé. L’objectif ? Repenser en profondeur la stratégie sanitaire de la sous-région.

Sous l’impulsion de la FESPAO, cette rencontre a marqué un tournant : les futurs professionnels de santé ne se contentent plus de revendiquer des financements. Ils exigent une refonte totale du modèle actuel. Exit l’approche traditionnelle centrée sur la simple distribution ; place à l’industrialisation, à la recherche génomique et à la validation scientifique des savoirs ancestraux africains.

Produire localement : un impératif de sécurité sanitaire

Les crises sanitaires mondiales et les ruptures d’approvisionnement ont révélé une vérité crue : la dépendance aux importations pharmaceutiques n’est plus une simple faiblesse économique, mais une menace pour la sécurité nationale. C’est le message porté haut et fort lors de ce sommet.

Le Professeur Gado Tchangbédji, ministre délégué chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a rappelé l’engagement du Président Faure Essozimna Gnassingbé : faire de l’innovation et de la production pharmaceutique locale les piliers de la résilience sanitaire ouest-africaine. Pour y parvenir, l’État togolais mise sur une collaboration renforcée avec la recherche appliquée et les acteurs académiques.

L’épidémiologie génomique et la valorisation des savoirs traditionnels

La souveraineté pharmaceutique ne se limite pas à la production locale. Elle passe aussi par l’adaptation des traitements aux réalités génétiques et culturelles du continent. Les Assises de Lomé ont mis en lumière l’urgence de développer des thérapies adaptées au patrimoine génétique africain, souvent négligé dans les essais cliniques internationaux.

Parallèlement, une réappropriation des savoirs endogènes est en marche. Les experts présents plaident pour une industrialisation de la pharmacopée traditionnelle. L’enjeu ? Transformer la médecine par les plantes, autrefois marginalisée, en une source de molécules actives brevetées et validées scientifiquement, 100 % africaines.

Former les pharmaciens de demain : des dispensateurs aux innovateurs

Cette ambition se heurte à un défi de taille : la formation des professionnels de santé. Le Professeur Tchin Darré, ministre délégué à la Santé et doyen de la Faculté des Sciences de la Santé de l’Université de Lomé, a souligné l’urgence de réformer les cursus universitaires. Le pharmacien ouest-africain de demain ne peut plus se limiter à un rôle de simple distributeur. Il doit devenir un chercheur, un industriel et un expert de la validation des savoirs locaux.

Alors que les débats se poursuivent à Lomé, l’objectif des 21ᵉ Assises est clair : transformer ces discussions en actions concrètes. L’enjeu est de taille : garantir un accès universel aux soins en Afrique de l’Ouest, sans dépendre de solutions venues de l’extérieur. Face aux futures pandémies, cette autonomie pourrait faire la différence entre la vie et la mort.

En définitive, la véritable souveraineté sanitaire de la sous-région se jouera dans la capacité des États à concrétiser ces résolutions. Chaque patient africain doit pouvoir bénéficier de soins conçus, validés et produits localement, pour une santé enfin maîtrisée par et pour les Africains.