7 septembre 2026
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Cajou : les usines ivoiriennes sécurisent leur approvisionnement grâce à un financement innovant

Le Groupement des transformateurs de cajou ivoiriens (GTCI), représentant des industriels locaux transformant 100 000 tonnes de noix brutes chaque année, a salué la signature d’une convention de financement historique. Cet accord, conclu le 11 juin 2026 entre la Banque nationale d’investissement (BNI), le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) et les transformateurs nationaux, marque un tournant pour la filière cajou en Côte d’Ivoire.

Une avancée majeure pour la transformation locale du cajou

Les opérateurs ivoiriens ont fait le choix stratégique de l’industrialisation en investissant massivement dans la construction et l’optimisation d’usines de transformation. Leur objectif ? Valoriser davantage la production locale, générer de l’emploi et renforcer l’économie nationale. Dans un courrier adressé le 17 juillet 2026 aux plus hautes autorités, dont le Premier Ministre Robert Beugré Mambé, le président du GTCI, Denis Kouadio, a exprimé sa profonde reconnaissance aux institutions ayant permis la mise en place de ce dispositif inédit.

Ce mécanisme, salué par l’ensemble des acteurs, vise à résoudre les défis majeurs rencontrés par les transformateurs : l’acquisition de noix brutes, la gestion des coûts de production et l’accès à des financements adaptés aux besoins saisonniers. En effet, l’achat de volumes importants de noix brutes, concentré sur une courte période, représente un enjeu financier colossal pour ces entreprises.

Un dispositif structurant pour sécuriser la filière

Le CCA s’engage à fournir, dès le début de chaque campagne, 20 % des besoins en noix brutes des transformateurs. La BNI, quant à elle, prend en charge le financement des 80 % restants, ainsi que les besoins en fonds de roulement nécessaires aux activités industrielles et d’exportation. Ce partenariat tripartite offre une visibilité sans précédent aux opérateurs locaux.

Le président du GTCI a tenu à souligner le rôle clé des personnalités ayant contribué à concrétiser ce projet, parmi lesquelles le Vice-Premier Ministre Téné Birahima Ouattara, le ministre du Commerce et de l’Industrie Khalil Konaté, le ministre de l’Économie et des Finances Adama Coulibaly, ainsi que les dirigeants du CCA et de la BNI. Leur engagement commun a permis de bâtir un modèle de financement durable, propice à l’émergence de champions nationaux dans le secteur.

Vers une extension à d’autres filières agricoles ?

Le succès de ce programme, conçu pour dynamiser la transformation locale du cajou, pourrait inspirer d’autres secteurs. Une réflexion est actuellement en cours pour adapter ce mécanisme au cacao, avec l’ambition d’offrir aux transformateurs de cette filière des solutions financières comparables.

La Côte d’Ivoire, leader mondial du cajou

Premier producteur mondial de noix brutes de cajou, avec une production annuelle avoisinant 1,5 million de tonnes, la Côte d’Ivoire dispose aujourd’hui d’un parc industriel de 37 unités de transformation. Ces infrastructures, d’une capacité totale de plus de 830 000 tonnes, placent le pays au deuxième rang des exportateurs d’amandes de cajou et au troisième rang des transformateurs mondiaux, selon les dernières données de l’ITC.

Après avoir consolidé sa domination sur le marché des noix brutes, la Côte d’Ivoire ambitionne désormais d’accélérer sa transformation locale. Cette stratégie permettra de conserver davantage de valeur ajoutée sur son territoire, de renforcer son tissu industriel et de créer des emplois durables pour sa population.