11 juillet 2026
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Le calendrier judiciaire sénégalais se précise. La Haute Cour de Justice a arrêté au 22 juillet la date d’ouverture du procès d’Aïssatou Sophie Gladima, ancienne ministre des Mines et de la Géologie sous la présidence de Macky Sall. Placée sous mandat de dépôt il y a plusieurs mois, l’ancienne responsable gouvernementale s’apprête à répondre devant une juridiction d’exception réservée aux membres du gouvernement mis en cause dans l’exercice de leurs fonctions. Le rendez-vous marque une étape significative dans la séquence de reddition des comptes engagée par les nouvelles autorités de Dakar.

Une juridiction rarement mobilisée au Sénégal

La Haute Cour de Justice occupe une place singulière dans l’architecture institutionnelle sénégalaise. Composée de députés élus par leurs pairs, elle est la seule instance habilitée à juger les ministres pour les actes qualifiés de crimes ou délits commis dans le cadre de leurs attributions. Son activation reste rare : depuis l’indépendance, seuls quelques dossiers y ont prospéré, ce qui confère à chaque audience une portée politique dépassant le strict cadre pénal.

Le cas Gladima s’inscrit dans cette histoire courte mais dense. Son dossier avait été transmis par l’Assemblée nationale après un vote autorisant sa mise en accusation, procédure préalable indispensable. Depuis, l’instruction s’est poursuivie et le renvoi devant la formation de jugement acte le passage à la phase publique du procès. Les débats devraient être suivis avec attention par les acteurs du secteur extractif, tant les Mines constituent un pan stratégique de l’économie sénégalaise.

Reddition des comptes : une séquence politique assumée

Depuis l’arrivée au pouvoir de Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko en 2024, l’exécutif a fait de la traque des présumés détournements un axe central de son action. Plusieurs anciens ministres, directeurs généraux et cadres de l’administration Sall ont été placés en garde à vue, entendus ou incarcérés. La procédure visant Sophie Gladima s’insère dans cette dynamique, aux côtés d’autres dossiers instruits par le pôle judiciaire financier ou par la Haute Cour selon le statut des mis en cause.

L’ancienne ministre a occupé le portefeuille des Mines et de la Géologie entre 2019 et 2022, période durant laquelle le Sénégal a poursuivi la structuration de sa filière aurifère et amorcé les préparatifs de l’exploitation des hydrocarbures. Les investigations porteraient sur la gestion de fonds publics et sur des décisions prises dans le cadre de ses fonctions. À ce stade, la présomption d’innocence demeure et la défense n’a pas rendu publique sa stratégie d’audience.

Un signal envoyé aux investisseurs miniers

Au-delà de la personne poursuivie, la tenue du procès émettra un signal aux opérateurs économiques présents dans le pays. Le secteur minier sénégalais, longtemps concentré sur l’or de Kédougou, les phosphates de Thiès et le zircon de la Grande Côte, connaît une phase d’expansion avec l’arrivée d’acteurs internationaux et la montée en puissance des hydrocarbures offshore. Les investisseurs surveilleront la manière dont la justice sénégalaise traite les décisions administratives passées, notamment les octrois de permis et les avenants contractuels signés durant la précédente législature.

Pour le pouvoir en place, l’enjeu consiste à démontrer la solidité des dossiers sans donner prise au reproche d’une justice sélective. Les partisans de l’ancienne majorité dénoncent régulièrement une instrumentalisation des procédures à des fins d’affaiblissement politique, tandis que la coalition Pastef revendique une exigence de transparence attendue par les électeurs. Le 22 juillet, la Haute Cour de Justice deviendra le théâtre concret de ce débat, avec des audiences qui devraient attirer l’attention des chancelleries et des bailleurs de fonds.

Reste à connaître le format retenu pour les débats, la liste des témoins convoqués et le calendrier prévisionnel du délibéré. Autant d’éléments qui détermineront la portée réelle de ce procès dans la construction de la jurisprudence sénégalaise en matière de responsabilité ministérielle. Selon PressAfrik, la date du 22 juillet a été officiellement communiquée par la Haute Cour de Justice.

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