20 juin 2026
4665dfc8-57b1-4ce2-af60-080dfe700d4f

Le Conseil constitutionnel sénégalais a estimé mercredi 17 juin qu’il n’était pas compétent pour examiner le recours déposé par l’opposition au sujet de la réintégration d’Ousmane Sonko à l’Assemblée nationale, suivie de son élection à la présidence de cette institution. Cette décision met un terme à la procédure engagée par les opposants, qui contestaient la régularité de ce retour et de cette élection, jugée contraire au règlement parlementaire.

Quelques jours après avoir été limogé de son poste de Premier ministre, Ousmane Sonko, leader charismatique du parti Pastef et disposant d’une large majorité au Parlement, a retrouvé son siège de député avant d’être élu au perchoir.

Plus de recours possible pour l’opposition

Son accession à la présidence de l’Assemblée avait été contestée par l’opposition, qui estimait que sa réintégration dans l’hémicycle violait le règlement intérieur, dénonçant un « coup d’État institutionnel ».

Désormais, aucun autre recours n’est envisageable pour l’opposition. Empêché de se présenter à l’élection présidentielle de mars 2024, Ousmane Sonko est devenu Premier ministre en avril 2024 après la victoire de son bras droit, Bassirou Diomaye Faye, à la présidence de la République.

En tant que tête de liste du Pastef, l’ancien Premier ministre avait raflé 130 sièges de députés sur 165 lors des législatives de novembre 2024, mais il avait renoncé à son mandat parlementaire pour rester chef du gouvernement.

« Nous n’allons pas nous associer à cette mascarade »

L’opposition soutient que pour redevenir député, M. Sonko aurait dû démissionner de ses fonctions de Premier ministre afin de siéger temporairement à l’Assemblée avant de retourner au gouvernement. La majorité parlementaire a « installé quelqu’un, Ousmane Sonko, qui a déjà perdu son mandat de député et ne peut le retrouver », avait déclaré fin avril le député d’opposition Abdou Mbow. « Nous n’allons pas nous associer à cette mascarade », avait-il ajouté.

Avec la décision du Conseil constitutionnel, le leader du Pastef conserve donc la tête de l’Assemblée nationale, d’où il pourrait exercer un contre-pouvoir face au président Bassirou Diomaye Faye, son ancien allié avec lequel la rupture est désormais consommée.