11 juillet 2026
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La diplomatie franco-sénégalaise se réinvente autour d’un principe fondamental : la souveraineté comme pilier d’une relation bilatérale renforcée. Christine Fages, ambassadrice de la France au Sénégal, expose une vision où le respect mutuel et la reconnaissance des intérêts stratégiques des deux nations forment la base d’une coopération durable et équilibrée.

Une diplomatie ancrée dans le dialogue et la souveraineté sénégalaise

Interrogée sur l’évolution des relations entre Dakar et Paris, Christine Fages souligne l’absence de tensions majeures, malgré les changements politiques récents au Sénégal. Pour elle, les mécanismes institutionnels existants permettent de gérer les dossiers sensibles tout en préservant un dialogue constructif. « Plus un pays maîtrise ses intérêts stratégiques et agit en conséquence, plus il facilite les échanges avec ses partenaires, même lorsque ceux-ci peuvent paraître dérangeants », explique-t-elle. Une position qui résume sa conviction : plus le Sénégal affirme sa souveraineté, plus la relation franco-sénégalaise gagne en solidité.

Les visas : entre externalisation et vigilance contre les fraudes

L’ambassadrice aborde également la question des visas, un sujet sensible pour les ressortissants sénégalais souhaitant se rendre en France. Avec près de 53 000 demandes annuelles au Sénégal — soit presque la moitié des demandes traitées par les pays de l’Union européenne présents dans le pays — les procédures suscitent des critiques, notamment sur les délais d’obtention. Christine Fages met en garde contre les intermédiaires peu scrupuleux qui promettent un accès accéléré contre rémunération. « Un rendez-vous ne doit jamais être payant », rappelle-t-elle, invitant les demandeurs à signaler toute tentative de surfacturation ou de fraude documentaire.

Thiarioye 44 : un travail de mémoire engagé

Les événements de Thiarioye 44, un chapitre douloureux de l’histoire commune, sont également au cœur des échanges. Christine Fages confirme que la France a reconnu sa responsabilité dans ce massacre, une étape saluée par les autorités sénégalaises. Les deux pays collaborent désormais pour approfondir les recherches historiques. « Des documents ont été transmis aux autorités sénégalaises, et la France reste mobilisée pour soutenir les travaux scientifiques visant à éclairer ces événements », précise-t-elle.

Patrimoine culturel et restitutions : une démarche progressive

La restitution des biens culturels sénégalais conservés en France figure parmi les priorités. Si le sabre d’El Hadj Oumar Foutiyou Tall a déjà été rendu au Sénégal en 2021, d’autres objets font l’objet d’un inventaire minutieux. « Des milliers de pièces sont recensées, et leur identification nécessite un travail rigoureux de documentation et de vérification », explique l’ambassadrice. L’objectif ? Déterminer quels artefacts pourraient être concernés par un retour au pays.

Coopération économique : le FMI et les défis à venir

Sur le plan économique, Christine Fages réaffirme le soutien de la France au Sénégal dans ses négociations avec le Fonds monétaire international. « Les deux parties ont besoin l’une de l’autre », souligne-t-elle, évoquant la poursuite des échanges malgré les obstacles liés à la finalisation d’un nouveau programme. La France s’engage à accompagner le Sénégal dans ses relations avec les institutions financières internationales, renforçant ainsi les liens économiques entre les deux nations.

Une ambassadrice ancrée dans la culture sénégalaise

Première femme française à occuper ce poste, Christine Fages partage son attachement à la culture sénégalaise, citant l’ataya comme symbole de convivialité et de partage. « Ce rituel incarne une valeur essentielle de la société sénégalaise : le temps consacré aux autres et l’accueil chaleureux réservé aux visiteurs », confie-t-elle, illustrant ainsi son immersion dans le pays qu’elle représente.