Contexte politique et diplomatique tendu

Cette démarche s’inscrit dans une période marquée par des consultations régionales intenses. Les échanges entre Kinshasa et Luanda se multiplient, notamment sur les questions de paix et de sécurité dans la région des Grands Lacs. Cette séquence intervient après les entretiens menés par le président burundais, Évariste Ndayishimiye, en sa qualité de président en exercice de l’Union africaine, avec les principales confessions religieuses de la RDC et un groupe de leaders de l’opposition politique congolaise.

Un autre événement diplomatique significatif a marqué cette période : le déplacement récent de Félix Tshisekedi à Brazzaville pour des discussions avec son homologue congolais, Denis Sassou Nguesso. Cette visite faisait suite à la tournée d’Évariste Ndayishimiye à Kinshasa. Quelques jours plus tard, Denis Sassou Nguesso a poursuivi ses consultations en recevant notamment le cardinal Fridolin Ambongo pour échanger sur la situation politique et institutionnelle en RDC.

En février dernier, une réunion de haut niveau organisée à Luanda avait confié à l’Angola la mission d’engager des consultations avec les différentes parties congolaises en vue de préparer un dialogue intercongolais. Cette décision avait été annoncée dans un communiqué de la présidence angolaise, à l’issue d’une rencontre réunissant le président angolais João Lourenço (alors président en exercice de l’Union africaine), Félix Tshisekedi, le président du Conseil des ministres du Togo, Faure Gnassingbé (désigné médiateur de l’Union africaine), ainsi qu’Olusegun Obasanjo, représentant le panel des cinq anciens chefs d’État africains facilitateurs du processus de paix en RDC.

Depuis cette désignation, les contacts entre Kinshasa et Luanda se sont intensifiés. Cependant, cette initiative peine à aboutir. Selon des informations concordantes, le projet de dialogue intercongolais reste au point mort, en raison de divergences persistantes sur son format et sur l’identité des parties appelées à y participer.