7 septembre 2026
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Le président Bola Ahmed Tinubu a récemment pointé du doigt des groupes terroristes étrangers comme responsables de la recrudescence des enlèvements et des attaques dans le nord du Nigeria. Lors d’un échange avec des chefs traditionnels le 30 juillet, il a mis en cause des éléments infiltrés depuis des pays voisins, une déclaration qui a immédiatement provoqué une réaction de l’Alliance des États du Sahel (AES).

Le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré, a réagi avec fermeté le 7 août via un communiqué commun aux quatre pays membres de l’alliance : le Burkina Faso, le Mali, le Niger et le Nigeria. Selon ses termes, ces nations « partagent un ennemi commun », soulignant ainsi que la menace sécuritaire ne connaît pas de frontières. Cette prise de position vient rappeler que les défis actuels dépassent largement les accusations bilatérales.

Une vague d’enlèvements sans précédent dans le nord du Nigeria

Début août, une opération militaire menée dans la forêt du parc national du lac Kainji a permis de libérer plus de 300 personnes kidnappées, dont des habitants de Woro (État de Kwara) et d’autres victimes originaires de l’État du Niger. Peu avant, une autre attaque avait fait au moins 52 otages à Kasuwar Daji, dans l’État de Zamfara, parmi lesquels figuraient des enfants. Ces événements illustrent l’ampleur d’une crise sécuritaire qui s’étend sur plusieurs régions du Nigeria.

Le nord-ouest, le nord-centre et le nord-est du pays subissent de plein fouet les assauts du banditisme armé, des groupes jihadistes et des réseaux d’enlèvements contre rançon. Malgré les efforts affichés des autorités pour renforcer la coordination entre l’armée, la police, les services de renseignement et les unités antiterroristes, la situation reste critique. La pression sur Abuja ne cesse de croître face à la multiplication des rapts et des attaques.

Réforme des polices d’État : une solution pour une sécurité plus réactive ?

C’est dans ce contexte tendu qu’émerge un projet de réforme visant à instaurer des polices propres à chaque État du Nigeria. Porté par Bola Tinubu et adopté par la Chambre des représentants, ce texte propose un système policier dual : une police fédérale conservée pour les enjeux nationaux, tandis que chaque État disposerait de sa propre force de sécurité. L’objectif ? Permettre une réponse plus rapide et mieux adaptée aux menaces locales, grâce à une meilleure connaissance du terrain et à un renseignement de proximité renforcé.

Les partisans de cette réforme y voient un moyen de lutter plus efficacement contre les enlèvements et les attaques des groupes armés. Cependant, des interrogations persistent. La création de polices d’État pourrait en effet accentuer l’influence des gouverneurs régionaux, souvent désignés comme premiers responsables de la sécurité locale sans pour autant disposer de moyens opérationnels suffisants. Pour éviter les dérives, des garde-fous stricts devront être mis en place, afin de limiter les abus de pouvoir et les rivalités entre forces fédérales et locales.

Une coopération régionale indispensable

La réaction de l’AES rappelle que la lutte contre l’insécurité ne peut se contenter de disputes diplomatiques. Si Abuja mise sur une réforme structurelle pour sécuriser son territoire, la crise actuelle démontre l’urgence d’une collaboration transfrontalière renforcée. Dans le nord du Nigeria comme dans l’ensemble du Sahel, les groupes armés exploitent les faiblesses des États et profitent de la porosité des frontières. Une réponse efficace devra donc s’articuler autour d’une approche à la fois locale, nationale et régionale.