
Une mesure phare portée par la ministre Ndong pour dynamiser l’administration gabonaise
La ministre de la Fonction publique, Laurence Ndong, a officialisé une réforme majeure visant à relever l’âge limite de recrutement dans la fonction publique gabonaise à 40 ans. L’objectif affiché est double : élargir le vivier de candidats qualifiés et professionnaliser l’accès aux postes publics, notamment via des concours organisés par les écoles nationales. Cette initiative s’inscrit dans une volonté de moderniser l’État en renforçant les secteurs stratégiques, notamment ceux liés à la souveraineté et à la sécurité nationale.
Une réforme conçue par 29 administrations et 110 experts
Ce projet ambitieux, fruit d’une collaboration entre 29 administrations et 110 experts, cherche à rompre avec les mécanismes de progression automatique, jugés obsolètes. Comme l’a souligné la ministre lors de son annonce : « Ouvrir les portes de l’administration jusqu’à 40 ans s’accompagne d’une exigence renforcée une fois le poste obtenu. L’avancement dépendra désormais de la performance, de l’éthique et de la rigueur professionnelle, et non plus du simple passage du temps. »
Des réactions contrastées au sein de la population gabonaise
Les avis sur cette réforme sont partagés parmi les Gabonais. Pour Emmanuel Ekogue, retraité, la mesure ne va pas assez loin : « Il aurait fallu porter l’âge limite de 25 à 40 ans. Cette tranche d’âge concentre un grand nombre de diplômés sans emploi. » À l’inverse, Serges Madoungou, en quête d’emploi, y voit une opportunité : « L’âge n’a aucune importance. Ce qui compte, c’est la capacité à travailler efficacement. C’est une excellente décision. »
Ndembi Moukouama, psychologue du travail, partage cet enthousiasme : « C’est une lueur d’espoir pour les jeunes Gabonais sans emploi. Beaucoup ont accumulé des années de frustration avec leurs diplômes. » Lilian Obiang, travailleur indépendant, renchérit : « Depuis longtemps, plus aucun recrutement direct par concours n’était organisé dans la fonction publique. Porter l’âge limite à 40 ans est une véritable chance pour les laissés-pour-compte. »
Les inquiétudes des agents en poste face à cette réforme
Si les demandeurs d’emploi saluent cette avancée, certains fonctionnaires expriment des réserves. Jean-Baptiste Nzogho, agent au ministère de l’Éducation nationale depuis vingt ans, s’interroge : « Je comprends l’intention de donner leur chance à ceux qui ont été mis de côté. Mais recruter des agents jusqu’à 40 ans signifie qu’ils n’auront qu’une vingtaine d’années de carrière avant la retraite, fixée à 62 ans. Est-ce suffisant pour former des cadres compétents et rentabiliser l’investissement de l’État ? Et que dire de la masse salariale, déjà colossale avec près de 960 milliards de FCFA ? »
Une réforme qui soulève des questions sur la gestion des âges
Cette décision intervient alors que l’âge légal de départ à la retraite des fonctionnaires civils a été relevé de 60 à 62 ans en février 2024. En élargissant l’entrée dans la fonction publique, la question de la sortie se pose avec encore plus d’acuité. Un expert en gouvernance publique explique : « Exclure des professionnels expérimentés de 35 ou 37 ans devenait ingérable pour l’administration. » La réussite de cette réforme dépendra de sa capacité à concilier modernisation de l’administration et maîtrise des finances publiques.






