13 mai 2026
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Santé des réfugiées au Tchad : une crise humanitaire en pleine escalade

Le Tchad, déjà fragilisé par une pauvreté endémique et un système de santé sous-financé, fait face à une pression humanitaire sans précédent. Plus de 1,3 million de réfugiés et rapatriés, majoritairement des femmes et des enfants, ont trouvé refuge dans ce pays d’Afrique centrale. Une situation alarmante, soulignée par une agence spécialisée de l’ONU, qui met en lumière les difficultés extrêmes rencontrées par ces populations vulnérables.

Un conflit voisin aux conséquences dévastatrices

La guerre qui sévit au Soudan a directement impacté les femmes et les filles réfugiées dans l’est du Tchad. Lors d’une mission d’une semaine dans les provinces d’Ouaddaï et de Wadi Fira, notamment dans les villes d’Abéché et Adré, ainsi que dans le camp de réfugiés d’Iridimi, Andrew Saberton, directeur exécutif adjoint de l’UNFPA, a pu constater de visu les conséquences dramatiques de ce conflit.

À Adré, près de la frontière soudanaise, les femmes réfugiées racontent les violences dont elles sont victimes lorsqu’elles quittent les camps pour collecter du bois de chauffage. Harcèlements, agressions et violences sexuelles transforment cette tâche quotidienne en un véritable parcours du combattant. « La collecte de bois est devenue un moment de peur », a-t-il témoigné, citant des récits de femmes terrifiées par les dangers qui les guettent.

Résilience et espoirs malgré l’adversité

Malgré ces conditions difficiles, Andrew Saberton a salué la résilience des femmes réfugiées. Dans les centres soutenus par l’UNFPA, elles bénéficient de soutien psychosocial, de formations professionnelles et d’activités génératrices de revenus. Ces initiatives leur offrent une lueur d’espoir dans un quotidien marqué par la précarité.

Cependant, les défis restent immenses. Une jeune survivante de fistule obstétricale, mariée à seulement 15 ans, a partagé son histoire tragique. Après trois jours de travail sans assistance médicale lors de sa première grossesse, son bébé est décédé, et son mari l’a abandonnée. Elle a vécu dix ans avec cette complication avant d’être enfin soignée. Aujourd’hui, elle subit encore des pressions pour se remarier.

Des structures de santé au bord de l’effondrement

Dans la province du Wadi Fira, où se trouve le camp d’Iridimi, les structures sanitaires sont submergées. Plus de 333 000 réfugiés sont répartis dans huit camps, et les sages-femmes assistent jusqu’à 300 accouchements par mois dans des conditions précaires. Les pénuries d’anesthésiants empêchent parfois la réalisation de césariennes en toute sécurité, un constat inacceptable selon Andrew Saberton : « Aucune femme ne devrait subir une césarienne sans anesthésie. »

Les réductions de financements humanitaires aggravent encore la situation. Le bureau de l’UNFPA au Tchad a vu ses ressources diminuer de 44 % par rapport à 2025. Sur les 18,7 millions de dollars nécessaires pour 2026 afin de maintenir les services de santé maternelle et de protection, seulement 2,5 % ont été collectés à ce jour.

Un appel urgent à la communauté internationale

Le Tchad affiche l’un des taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde, avec environ 860 décès pour 100 000 naissances vivantes. Face à cette crise, l’UNFPA lance un appel pressant à la solidarité internationale. « Pour les femmes et les filles rencontrées dans l’est du Tchad, l’aide signifie un accouchement sans danger, des soins après des violences et une chance de survivre », a conclu Andrew Saberton.

Le directeur exécutif adjoint de l'UNFPA, Andrew Saberton, observe un incubateur dans une maternité d'un hôpital au Tchad, vêtu d'une tenue médicale.