10 juin 2026
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Le processus de rapprochement entre Cotonou et les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) se poursuit. Ce mardi 9 juin, le président béninois Romuald Wadagni s’est rendu à Bamako pour y rencontrer le chef de l’État malien, Assimi Goïta. Cette visite s’inscrit dans le cadre d’une tournée régionale entamée peu après son investiture.

Après avoir fait escale au Niger et au Burkina Faso, cette étape au Mali confirme la détermination du nouveau dirigeant béninois à rétablir le dialogue avec les régimes militaires sahéliens.

Un « nouveau souffle » dans les relations bilatérales

À l’issue de leur entretien, les deux chefs d’État ont diffusé une déclaration conjointe dans laquelle ils expriment leur souhait de « donner un nouveau souffle » aux échanges entre le Mali et le Bénin. Les discussions ont principalement porté sur le renforcement de la coopération dans les domaines économique, commercial et culturel.

Romuald Wadagni a également lancé une invitation officielle à Assimi Goïta pour qu’il se rende au Bénin, un geste qui souligne la détente croissante entre les deux capitales.

Un repositionnement diplomatique régional

Ces dernières années, les relations entre le Bénin et les pays de l’AES avaient été marquées par des tensions importantes, notamment avec le voisin nigérien après le putsch de 2023.

Depuis son accession au pouvoir le 24 mai, Romuald Wadagni multiplie les démarches diplomatiques afin de renouer le fil avec les autorités de Bamako, Ouagadougou et Niamey.

Un enjeu stratégique pour l’Afrique de l’Ouest

Cette tournee intervient dans un climat régional caractérisé par les profondes dissensions entre la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest et les nations de l’AES. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont en effet claqué la porte de l’organisation régionale pour fonder leur propre confédération, jugeant que la CEDEAO ne répondait plus à leurs aspirations en matière de souveraineté et de sécurité.

Le déplacement de Romuald Wadagni constitue ainsi l’un des premiers gestes diplomatiques majeurs de son mandat, susceptible d’apaiser les tensions au sein de l’espace ouest-africain.