29 juin 2026
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L'accord passé avec les terroristes du Jnim impose des règles strictes aux habitants<span class="copyright">Nicolas Remene/Le Pictorium/MAXPPP/dpa/picture alliance</span> » decoding= »async » data-nimg= »fill » class= »object-cover object-center » style= »position:absolute;height:100%;width:100%;left:0;top:0;right:0;bottom:0;color:transparent » src= »https://s.yimg.com/ny/api/res/1.2/RfbpLTZFKmTbM22.USysZQ–/YXBwaWQ9aGlnaGxhbmRlcjt3PTEyNDI7aD02OTk7Y2Y9d2VicA–/https://media.zenfs.com/fr/deutsche_welle_fr_953/8eb93059fffa267382e5b1c2a1b53bc1″><button aria-label=

Au Mali, des milliers de personnes déplacées ont choisi de regagner leurs villages d’origine dans le cercle de Bankass, situé dans le centre du pays. Ce retour est le fruit d’accords locaux conclus entre les communautés villageoises et le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim), une organisation affiliée à Al-Qaïda.

En contrepartie, ces villageois peuvent retrouver leurs habitations et leurs terres cultivables, mais sous certaines conditions dictées par les groupes djihadistes. Les femmes doivent porter le voile, et l’enseignement de type occidental est interdit dans les établissements scolaires.

Fermeture d’écoles et port du voile imposés

Ces règles touchent à la fois les tenues vestimentaires et les pratiques religieuses. Les hommes doivent porter des pantalons courts, l’école républicaine est fermée, ce qui interdit tout enseignement occidental, et les femmes sont contraintes au port du voile.

« Nous sommes revenus sans nos épouses »

Un éducateur originaire du village de Bare Darsalam, dans le cercle de Bankass, a accepté de témoigner sous couvert d’anonymat. Après sept ans d’exil forcé par le conflit, il a fait le choix de rentrer.

Il est revenu seul, sans son épouse ni ses enfants. Il livre son sentiment sur l’école publique et les règles vestimentaires imposées par le Jnim :

« Notre école a été saccagée par les groupes armés terroristes lors du déplacement du village en 2019. Ils ont tout détruit. Même si on nous ordonnait de reconstruire l’école immédiatement, nous refuserions. Nous avons repris nos activités après les assurances du maire de Bankass. Nous ne portons pas encore de pantalons courts. Nous ne sommes pas non plus revenus avec nos épouses, pour savoir s’il faut adopter le voile islamique ou autre. »

La culture des champs reprend

Allaye Guindo, maire de la commune urbaine de Bankass, indique que la signature de ces accords a permis un retour massif des déplacés.

« Grâce aux accords signés, les habitants reviennent dans toutes les localités abandonnées. Sur les 13 villages qui accueillent leurs ressortissants, deux sont de Kani Bozon, un de la commune rurale de Dimbal, et les autres de la commune de Bankass. Les pluies sont arrivées et de nombreux revenants ont déjà commencé à cultiver leurs champs en toute sécurité. La satisfaction est générale. »

Les termes de ces accords prévoient que les autorités traditionnelles et les notables doivent se conformer aux règles fixées par les groupes armés terroristes, qui font de l’application de la charia le fondement de leur coopération avec les villageois.