29 juin 2026
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La Confédération des États du Sahel (AES) franchit une nouvelle étape dans son processus institutionnel. Les présidents des assemblées législatives du Burkina Faso, du Mali et du Niger se sont retrouvés à Ouagadougou. Ils ont été reçus par le capitaine Ibrahim Traoré, président de la Confédération, qui leur a donné ses orientations avant la mise en place officielle du Parlement confédéral.

À l’issue de cette réunion, les responsables ont indiqué que la désignation des députés devrait intervenir prochainement, ouvrant la voie à la première session de cette nouvelle assemblée. Le Parlement confédéral aura pour mission de représenter les populations des trois États, d’accompagner l’action des institutions de l’AES et de consolider le projet politique commun porté par les autorités sahéliennes.

Cette initiative s’inscrit dans la construction des organes de gouvernance de l’Alliance, après le retrait des trois pays de la CEDEAO. Cependant, elle intervient dans un contexte sécuritaire très tendu. Ces dernières semaines, le Burkina Faso, le Mali et le Niger ont subi une recrudescence des attaques jihadistes, parfois d’une ampleur inédite, causant de lourdes pertes parmi les forces de défense et les populations civiles.

Cette situation suscite des interrogations : voir les plus hauts responsables parlementaires de l’AES se réunir pour accélérer la création d’un Parlement, alors qu’aucune rencontre de ce niveau n’a été annoncée pour répondre à l’aggravation de la crise sécuritaire, questionne l’ordre des priorités. Certains estiment que les dirigeants de l’AES consacrent désormais une attention importante à la construction de nouvelles institutions politiques, tandis que l’urgence sécuritaire pèse lourdement sur les populations. Sans nier l’utilité à long terme d’un Parlement confédéral, ces voix considèrent que cette orientation pourrait être mal comprise par des citoyens qui attendent des réponses concrètes face à la multiplication des attaques.

Au-delà de son importance institutionnelle, cette évolution est perçue comme le début d’une division politique plus marquée en Afrique de l’Ouest. En développant progressivement ses propres institutions, l’AES affirme son autonomie vis-à-vis de la CEDEAO, au risque de renforcer la séparation entre les deux ensembles régionaux et de compliquer les perspectives d’une coopération politique et sécuritaire plus large.