21 juin 2026
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Le Bénin et le Niger accélèrent la normalisation de leurs relations, mises à rude épreuve depuis le coup d’État de juillet 2023 à Niamey. La visite du président béninois Romuald Wadagni dans la capitale nigérienne le 2 juin a relancé la dynamique de décrispation. Ce samedi 20 juin, les comités d’experts conjoints, créés après cette rencontre, se sont réunis à Cotonou pour avancer sur la réouverture de la frontière commune et un dégel complet des relations. La première journée de travaux s’est achevée en fin d’après-midi au ministère des Affaires étrangères.

Le ministre d’État nigérien de la Sécurité, le général Mohamed Toumba, et son homologue béninois chargé de l’Intégration africaine, Adjadi Bakari, ont coprésidé la réunion du 20 juin entre les experts des deux pays, au ministère des Affaires étrangères à Cotonou. Étaient également présents des hauts gradés de l’armée et de la police, ainsi que des responsables des services de renseignement.

Les experts ont été répartis en trois groupes de travail : sécurité et défense, diplomatie et juridique, et enfin économie. Tous les sujets de discorde et de méfiance ont été abordés. Chaque groupe devra ensuite présenter ses conclusions en séance plénière.

En ouverture, le général Mohamed Toumba et Oloushegun Adjadi Bakari ont prononcé quelques mots. La rencontre du 2 juin entre Romuald Wadagni et Abdourahamane Tiani a ouvert « une nouvelle voie, celle de la réconciliation et du dialogue fraternel », a déclaré le ministre nigérien de la Sécurité. « La délégation béninoise est entièrement engagée pour que les efforts des dernières semaines et les avancées notables dans les réflexions se concrétisent », a affirmé le ministre béninois chargé de l’Intégration africaine.

Une réouverture de la frontière attendue

Un participant souligne « une ouverture d’esprit et une volonté des deux côtés ». Un haut fonctionnaire affirme que « les accusations de déstabilisation sont derrière nous », en référence aux reproches formulés par Niamey contre Cotonou, selon lesquels le Bénin abritait des bases militaires françaises et servait de relais à des groupes terroristes.

La réouverture de la frontière, très attendue ? Elle « est actée », assure un membre de la commission économique. Un diplomate ajoute toutefois qu’il reste encore quelques « mesures de confiance » à prendre, sans en préciser la nature. « C’est pour bientôt », lance un membre de la délégation nigérienne.

La réunion, qui se déroule à huis clos, se poursuit ce dimanche 21 juin. « Le travail n’est pas encore terminé », rappelle un délégué. Selon une indiscrétion, l’objectif serait d’aboutir à des accords sur la défense, la sécurité et les échanges douaniers entre les deux pays.